Rwanda: un référendum constitutionnel sans suspense

Une bannière est érigée à l'entrée d'un bureau de vote avant le référendum, le 17 décembre 2015.
© REUTERS/James Akena

Après les Rwandais vivant à l'étranger jeudi, aujourd’hui ce sont ceux vivant dans le pays qui se rendront aux urnes pour le référendum qui doit ratifier la Constitution révisée en novembre par le Parlement. Cette réforme permet au président Paul Kagame de briguer un nouveau mandat en 2017 et de potentiellement diriger le pays jusqu'en 2034. Dans un pays régulièrement critiqué en matière de liberté d'expression et pour son manque d'ouverture politique, l'issue de ce scrutin laisse peu de place au suspens.

« Êtes-vous d'accord avec la Constitution de la République du Rwanda telle que révisée pendant l'année 2015 ? » Voilà la question qui va être posée ce vendredi aux Rwandais. Quelque 6,4 millions d'électeurs sont appelés à voter dans les 2 300 bureaux de vote du pays.

L'enjeu de ce référendum repose sur deux articles de la nouvelle Constitution permettant au président Paul Kagame de se représenter en 2017 pour un nouveau septennat à l'issue duquel il sera autorisé à briguer deux autres mandats de cinq ans, et donc potentiellement à diriger le pays 17 ans de plus.

Une opposition quasi inexistante

Cette réforme présentée par les autorités comme une initiative populaire est soutenue par la quasi totalité des partis politiques du pays. Une seule formation parmi celles légalement enregistrées, le Parti démocratique vert, a appelé à voter « non » lors du référendum. Mais sa voix porte peu dans un pays où l'hégémonique FPR au pouvoir est présent à tous les échelons de la société.

De fait, au Rwanda, personne ne doute que le « oui » l'emporte largement.

Critiques de la communauté internationale

Cette révision est toutefois critiquée par les partenaires du Rwanda, Washington en tête, qui a indiqué qu'un maintien au pouvoir de Paul Kagame après 2017 pourrait avoir des conséquences sur ses relations avec Kigali.

L'Union européenne a quant à elle mis en doute la crédibilité de cette réforme menée dans l'intérêt « d'un seul individu ».

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