Madagascar: une méthode pour lutter contre la déscolarisation

Enfants de l'école de Mahambo, en avril 2010, lors d'une visite d'un haut représentant de l'Unicef.
© Getty/David Gillanders

A Madagascar, une méthode d'alphabétisation a fait ses preuves : la méthode ASAMA ou Action scolaire d'appoint pour les Malgaches adolescents, s’adresse à des jeunes de 10 à 20 ans déscolarisés. Le principe : en onze mois de cours intensifs, les élèves apprennent à lire, écrire, compter, et passent le certificat d'études primaires élémentaires, dans un pays où un million et demi d'enfants ne vont pas à l’école.

Un seul petit bâtiment en briques, construit sur un ilot entouré d'eau dans le quartier inondable d'Ampefiloha Ambodirano, fait office d’école. La classe accueille 30 élèves chaque jour, venus pour apprendre ou réapprendre à lire, écrire et compter.

« Mon père et ma mère ne pouvaient plus payer les frais de scolarité. Je ne suis plus allé à l'école pendant trois ans », explique Fanomezantsoa, 12 ans. Après des années loin des bancs de l’école, sa grand-mère l’a inscrit dans cette école gratuite. Aujourd’hui, il a pleinement saisi sa chance : « Je vais à l'école pour ne pas me faire avoir par les gens. Parce que quand on n'est pas éduqué, on se fait escroquer. »

« Négocier avec les ministères »

A la fin de l'année scolaire, les élèves passeront le certificat d'études primaires. Certains iront au collège, d'autres chercheront une formation professionnelle. « Il faut coopérer et négocier avec les ministères pour que ces jeunes puissent poursuivre des formations techniques et professionnelles », déclare Hanta Ratiarison, présidente du réseau d'associations. « En ce moment même nous faisons des interpellations et des demandes d’appui pour qu’on puisse donner quelque chose de plus pérenne aux jeunes. »

30% d’analphabètes

Depuis 2008, près de 13 500 jeunes sont passés par les classes d'alphabétisation ASAMA. En 2015, cette méthode a été distinguée par deux prix internationaux : le prix de l'alphabétisation de l'Unesco en France et le prix Confucius en Chine.

Les organisations de la société civile qui gèrent les classes ASAMA espèrent ainsi obtenir plus de moyens pour aider ces jeunes. On estime qu'un million et demi d'enfants sont déscolarisés, plus d'un quart des enfants en âge d'être en primaire. Et 30% de la population est analphabète.

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