Coup d'Etat déjoué au Niger: «Nous avons suffisamment de preuves»

Le président nigérien Issoufou Mahamadou
© AFP Photo/Brendan Smilalowski

Les neuf officiers de l'armée nigérienne arrêtés en début de semaine après un coup d'Etat déjoué avaient « projeté de mener leur action le vendredi 18 décembre » lors du retour à Niamey du président Mahamadou Issoufou des festivités du 57e anniversaire de la République. C'est ce qu'a annoncé ce samedi Hassoumi Massaoudou, ministre de la Défense par intérim, à l'occasion d'une conférence de presse.

Selon le ministre Hassoumi Massaoudou, tous les responsables militaires identifiés et impliqués dans la tentative du coup d’Etat déjoué sont aux arrêts.

Ils sont au nombre de neuf officiers, du sous-lieutenant Awal Hambally au général Salou Souleymane, en passant par les lieutenants colonels Narey Maidoka et Idi Na Haoua.

Deux patrons de la DGSE nigérienne dont les services sont rattachés à la présidence de la République sont impliqués. Il s’agit du commandant Issoufou Oumarou et du capitaine Amadou Chekaraou, des forces spéciales, en charge de la lutte anti-terroriste. Des hommes aguerris et qui ont fait leurs preuves dans les lits du lac Tchad contre Boko Haram et dans le nord du Mali contre les terroristes d’Aqmi.

« Nous avons suffisamment de preuves », a dit le ministre Hassoumi Massaoudou, notamment des écoutes téléphoniques et des SMS accablants contre les neuf officiers.

Dans l’un des messages SMS, on parle de personnalités à supprimer. Mais qui sont ces personnalités ? Le ministre Hassoumi Massaoudou ne le dit pas, pour l’instant.

Le projet de ces officiers qui ont réussi à infiltrer et recruter au sein de la sécurité présidentielle, notamment à travers la toute puissante DGSE, consistait à abattre l’avion présidentiel, à son retour du défilé militaire de Maradi, le vendredi 18 décembre.

Fort des preuves qu’il a en sa possession, le ministre Hassoumi Massaoudou a indiqué que le tribunal militaire sera saisi pour faire toute la lumière sur cette présumée conspiration.