L'affaire Lamine Diack continue de faire des vagues au Sénégal

Le Sénégalais Lamine Diack, ancien patron de l'athlétisme mondial, est dans la tourmente depuis qu'il est soupçonné d'avoir fermé les yeux sur des cas de dopage en Russie moyennant finances.
© uda Mendes/Getty Images for IAAF/AFP

L’affaire Lamine Diack a connu un nouvel épisode ce samedi avec l’arrestation à Dakar d’un cadre du PDS, le parti de l’ex-président Abdoulaye Wade, et la diffusion d’un communiqué des avocats de l’ancien président de la fédération d‘athlétisme qui indique que celui-ci « n’a jamais remis la moindre somme d'argent au candidat Macky Sall ». La journée a aussi été marquée par les déclarations de tous les acteurs du Sénégal.

Même si elle s’est essoufflée, le nom du président sénégalais Macky Sall n’apparaissant pas dans les auditions publiées, l'affaire Lamine Diack est néanmoins loin d’être terminée. Un signe : les communiqués des partis politiques et des organisations de la société civile arrivent les uns après les autres dans les boîtes mail.

Dernier en date, samedi soir, la Raddho a publié le sien. La Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme exige l’ouverture d’une information judiciaire pour faire la lumière « sur les faits révélés par M. Diack ».

Oumar Sarr interpellé

L’association demande également aux autorités de mettre un terme « aux convocations et aux arrestations en relation avec cette affaire ». Une référence directe à l’interpellation samedi matin du coordinateur du PDS, le parti de l’ex-président Abdoulaye Wade. Oumar Sarr est soupçonné d’offense au chef de l’Etat.

C’est lui qui a signé le communiqué diffusé par le parti vendredi, très virulent à l’encontre du président Macky Sall. Samedi en fin de journée, Oumar Sarr a été transféré au commissariat du port. D’après des cadres du PDS, il pourrait y rester tout le week-end, puis être entendu lundi par un procureur. La présidence n’a fait aucun commentaire sur cette arrestation, le président Macky Sall a, lui, maintenu ses visites en région.

Vendredi, le journal Le Monde révélait que Lamine Diack, ancien président de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), avait avoué aux enquêteurs de l’Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales avoir reçu 1,5 million d’euros destinés à une campagne pour battre l'ex-président Wade lors de l'élection présidentielle sénégalaise de février 2012. En échange, Lamine Diack s’était engagé à couvrir les pratiques de dopage de la Russie et retarder des suspensions d’athlètes russes.