Mission de l’UA au Burundi: «5000 hommes pour faire quoi?»

Le corps d'un homme tué à Cibitoke, un quartier contestataire de Bujumbura, le 9 décembre 2015.
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimana

Le Burundi s'oppose au projet de l’envoi d’une force militaire de l'Union africaine, selon le vice-porte-parole de la présidence burundaise. Joint par RFI, Jean-Claude Karerwa Ndenzako a néanmoins précisé qu'il s'exprimait à titre personnel.

Le Burundi acceptera-t-il la force de 5 000 hommes que l'Union africaine compte déployer sur son sol ? Bujumbura a jusqu'à ce mardi pour répondre. Cependant, d'ores et déjà, Jean-Claude Karerwa Ndenzako, porte-parole adjoint du président Pierre Nkurunziza estime que son pays s'opposera à l'arrivée de la mission de l’UA. Curieusement, monsieur Karerwa Ndenzako dit s'exprimer à titre personnel mais pas au nom du pouvoir en place.

« Je ne peux pas dire si oui ou non le gouvernement va accepter le déploiement de l’Union africaine mais si vous voulez une opinion personnelle, je trouve que ce n’est pas fondé, un déploiement d’une force de l’Union africaine de 5 000 hommes au moment où, même au Congo, lorsqu’il s’agissait de chasser le M23 du territoire congolais, on n’a pas eu besoin de 5 000 hommes. Le Burundi est un pays paisible. Je trouve inconcevable que le Conseil de paix et de sécruité de l’Union africaine décide d’envoyer 5 000 hommes au Burundi. Pour faire quoi ? C’est ça la question que le gouvernement se pose aujourd’hui », a déclaré à RFI Jean-Claude Karerwa Ndenzako, vice-porte-parole de la présidence burundaise.

Selon M. Karerwa Ndenzako, le Burundi est paisible, ce qui n'est pas l'avis de l'Union africaine qui veut déployer cette mission de 5 000 hommes afin d'éviter que le pays ne bascule dans la guerre civile. Le Burundi est en crise depuis avril 2015, après l'annonce de la candidature suivie de la réélection contestée à un troisième mandat présidentiel de Pierre Nkurunziza.