Tentative de coup d’Etat au Niger: qui sont les accusés?

Un véhicule militaire bloque l'accès d'une rue de Niamey, au Niger.
© AFP/Boureima Hama

Au Niger, neuf officiers de l'armée nigérienne ont été arrêtés, en début de semaine, après un coup d'Etat déjoué, a annoncé, samedi 19 décembre, le ministre de la Défense par intérim et ministre de l'Intérieur, Hassoumi Massaoudou. Au cours d'une conférence de presse, le ministre a indiqué que l'enquête venait de commencer et était confiée à la gendarmerie dans le cadre d'une procédure devant le tribunal militaire. Le procès aura lieu. Selon le ministre, les putschistes présumés étaient suivis depuis près d'un mois.

Les officiers arrêtés sont issus de trois grandes unités, à savoir la base aérienne de Niamey, le bataillon d'artillerie de Tillabéry, à 100 kilomètres de la capitale et le Groupe d’intervention des forces spéciales rattaché à la présidence de la République.

Pour éviter toute attaque frontale avec les éléments de la garde présidentielle lourdement armée et entraînée, le choix des hommes et des moyens pour y parvenir n’a pas du tout été un hasard, selon un spécialiste des questions militaires.

Puissance de feu aérienne

D’abord le colonel Idi Dan Haoua et Tahirou Zarma commandent la base aérienne et disposent de la puissance de feu aérienne. Très expérimentés, leurs pilotes ont fait la différence dans le lac Tchad contre Boko Haram.Lors du dernier coup d’Etat qui a renversé le président Mamadou Tandja, le 18 février 2010, leurs hélicoptères ont joué un rôle important, dit-on.

Le colonel Naré Maidoka et un de ses adjoints sont du bataillon d’artillerie de Tillabéry. Dans les années 2000, cette compagnie a été éloignée de Niamey à cause de la puissance de feu de ses canons. Par le passé, ce corps a toujours été en tête dans les coups d’Etat qui ont réussi au Niger.

Corps d'élite

Quant à la troisième unité, c’est un corps d’élite ou encore des « hommes d’action », comme on le dit à Niamey. Les deux chefs impliqués dans le complot sont de bons soldats reconnus. Son chef, le commandant Issoufou Oumarou, a, selon le ministre de l’Intérieur lui-même, brillamment participé à la lutte contre Boko Haram dans le lac Tchad.