Comment la corruption gangrène le système éducatif sud-africain

A travers toute l'Afrique du Sud, des postes d'enseignant ou de principal seraient vendus pour des sommes allant de 1 800 à 3 000 euros, ou même plus.
© REUTERS/Ryan Gray

Un rapport préliminaire pointe la corruption de l'enseignement sud-africain « à tous les niveaux ». Ce rapport commandé par le ministère de l'Education et qui devrait être finalisé d'ici février révèle que beaucoup de postes éducatifs et de gestion au sein des écoles sont vendus à des personnes non qualifiées. Le syndicat des enseignants Sadtu est accusé d'avoir la main sur la plupart des nominations dans six provinces du pays sur neuf.

Le rapport préliminaire présenté par le ministère de l'Education est accablant. Cette enquête chapeautée par un universitaire reconnu révèle un vaste réseau de corruption qui menacerait le système éducatif sud-africain tout entier. A travers tous les pays, des postes d'enseignant ou de principal seraient vendus pour des sommes allant de 1 800 à 3 000 euros, voire plus.

Le syndicat de l'enseignement Sadtu serait à la manœuvre pour placer ses affiliés à des postes clés au sein des établissements scolaires et même dans les ministères provinciaux de l'Education.

Assassinats

Cette situation a des répercussions sur la qualité de l'enseignement et peut même avoir des conséquences dramatiques. Ainsi, la ministre de l'Education veut que les postes de directeur à pourvoir soient gelés dès la rentrée pour éviter que certains candidats compétents ne se fassent assassiner afin que leurs postes soient revendus. Deux enseignants expérimentés ont ainsi été assassinés au cours des derniers mois dans le Kwazulu Natal.

Pointé du doigt pour ses responsabilités, le syndicat enseignant Sadtu se défend en affirmant que cette corruption généralisée est organisée au sein même du ministère de l'Education nationale.