Tunisie: Moncef Marzouki lance Al Irada, son nouveau parti

L'ancien président Moncef Marzouki lors du lancement officiel de son nouveau parti politique, le 20 décembre, à Tunis.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

Al Irada (« la volonté », en arabe). C'est le nom du nouveau parti de Moncef Marzouki, l'ancien président de la République tunisienne. Il a été lancé officiellement dimanche à Tunis. Son ancienne formation, le Congrès pour la République (CPR) est dissous dans cette nouvelle entité. Al Irada accueille également des membres d'autres partis qui se disent déçus par le gouvernement actuel.

Maintes fois annoncé puis reporté, le nouveau parti politique de l'ex-président de la République provisoire a été lancé en grandes pompes dimanche à Tunis.

Ines Jedidi est militante du Congrès pour la République (CPR), le parti fondé par Moncef Marzouki en 2001, qui est désormais dissous dans Al Irada. « Il y a des gens qui appartiennent au parti du Congrès pour la République, constitué par Moncef Marzouki en 2001 qui ont rejoint ce mouvement, explique-t-elle. Il y a des gens qui appartiennent à d’autres partis comme Al-Jomhouri, Ettakatol ou d’autres qui ont aussi rejoint le mouvement à titre personnel. Et aussi il y a d’autres personnes qui n’ont pas appartenu à des partis politiques avant et qui se sont ralliées au projet. »

Retour sur la scène politique

Pour Moncef Marzouki, président de 2011 à 2014, et qui avait échoué à se faire réélire, voilà donc un moyen de rebondir politiquement. D'autant que son ancienne collaboration avec un gouvernement dominé par les islamistes a été très critiquée, et pas seulement par le parti Nidaa Tounes, actuellement au pouvoir.

Mais Ines Jedidi défend son champion. « Ils l’ont accusé de tous les torts et là, voilà, il est parti du pouvoir, ils ont tous les pouvoirs et le terrorisme ne s’est pas arrêté pour autant. Et aujourd’hui, les Tunisiens ne sentent pas que les choses sont sous contrôle pour se sentir en confiance et en sécurité pour l’avenir », affirme-t-elle. 

Dans un entretien à l’AFP, Moncef Marzouki a justifié le lancement de ce nouveau parti en expliquant que le gouvernement était « complètement impuissant » face à la situation « catastrophique » du pays.

Al Irada, nouvelle alternative crédible à Nidaa Tounes, minée par les divisions ? La réponse sans doute lors du prochain test électoral : les municipales prévues fin 2016.