Virus Ebola: quel bilan, deux ans après le début de l'épidémie?

Des soignants de Médecins sans frontières au Liberia, lors de l'épidémie d'Ebola.
© AFP PHOTO / DOMINIQUE FAGET

Il s’agit de la plus sévère épidémie du virus Ebola enregistrée depuis sa découverte en Afrique de l’Ouest dans les années 1970. Cette dernière épidémie a débuté le 23 décembre 2013 en Guinée, avant d'être officialisée en mars 2014, avec une propagation au Liberia et au Sierra Leone, faisant près de 11 000 morts sur 28 000 cas. Après une lutte acharnée, ce virus semble aujourd'hui quasiment éradiqué, malgré quelques cas sporadiques. Mais bien évidemment, la surveillance reste de mise.

L’épidémie Ebola qui a débuté officiellement en Afrique de l’Ouest en mars 2014, est la plus sévère enregistrée depuis la découverte du virus en 1976 sur le continent africain. Le premier cas a été détecté il y a deux ans, le 23 décembre exactement, au sud-est de la Guinée.

Le virus s’est ensuite propagé au Liberia et en Sierra Leone. Et c’est ainsi que depuis la fin de l’année dernière, les chiffres ont bondi, passant de 18 000 cas, dont 7 000 morts, à 28 000 cas aujourd’hui, dont 11 000 morts. L’épidémie semble désormais éteinte malgré la résurgence de quelques cas ; bien évidemment, la surveillance reste de mise.

Nouveaux cas au Liberia et en Guinée

C’est dans deux des trois pays les plus touchés, en Guinée puis au Liberia, là où le virus semblait avoir officiellement disparu totalement, que certains cas sont réapparus il y a plusieurs semaines : une femme enceinte et des enfants. L’ONG Médecins sans frontières reste donc vigilante et décompte les jours d’ici la fin probable de l’épidémie.

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En Sierra Leone, c’était le 7 novembre, en Guinée ce sera le 28 décembre et au Liberia le 14 janvier 2016, si aucun cas n’est déclaré d’ici là. « Pour le moment, on croise les doigts jusqu’à la fin prévue de l’épidémie », précise le Dr Axelle Ronsse, coordinatrice d’urgence à MSF-Belgique en charge d’Ebola sur la Guinée..

Le virus reste endémique

Du côté de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), vivement critiquée un temps pour ne pas avoir alerté suffisamment tôt, la surveillance est un paramètre indispensable. Selon le Dr Ibrahima Soce Fall, directeur des urgences et de la sécurité sanitaire pour l’OMS en Afrique, l’exemple du Liberia a montré qu’il n’y a pas de risque zéro, d’autant qu’on a vu que des personnes, même après guérison, pouvaient encore porter le virus plusieurs semaines à travers certains organes comme les yeux ou des liquides biologiques comme le sperme. Mais aucune certitude de la part des scientifiques pour l’instant. Cette épidémie aura touché 1049 personnels de santé, dont plus de la moitié en sont morts : 535 médecins, infirmiers, aides-soignants.

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On aurait pu croire que la durée de l’épidémie laisse du temps afin de trouver un remède miracle, un vaccin, mais ce sont finalement la prévention et les traitements de base qui ont permis de faire reculer la maladie. Les premiers de vaccins n’ont pas réussi à démontrer leur efficacité à temps même si ces nouveaux traitements ont sauvé des vies notamment chez les personnes en première ligne. D’autant que si une nouvelle épidémie menaçait de nouveau, il n’est pas dit que la souche soit identique et donc que les traitements actuels soient aussi efficaces.