Burundi: le Conseil national de sécurité refuse l'envoi de troupes sur son sol

Des cadavres jonchaient les rues de Bujumbura au matin du 12 décembre 2015.
© REUTERS/Jean Pierre Aime HarerimanaTEMPLATE OUT

Le Conseil national de sécurité réfute la décision prise par l’Union africaine d'envoyer une force de 5000 hommes dans le pays. Cette structure, composée du président Nkurunziza lui-même et des responsables des différents organes liées au secteur de la sécurité, s'est réunie hier. Le Conseil refuse catégoriquement l'envoi de troupes sur son territoire en ce dernier jour d'ultimatum lancé vendredi par l'UA.

Ce mardi matin, le ministre de la Sécurité publique a lu une déclaration qui dans son point 8 dit réfuter la décision du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA d'envoyer une force africaine au Burundi. « La menace de génocide qui justifierait ce déploiement n’est qu’une machination, selon le Conseil national de sécurité. Une machination visant à parachever le coup de force enclenché le 13 mai 2015 ».

« Le Burundi, note le Conseil, est l’un des pays contributeurs de troupes en Afrique », sous-entendu participe aux opérations de maintien de la paix de l’Union africaine et des Nations unies.

« Même des sollicitations d’autres contingents ne cessent d’être exprimées par l’Union africaine », précise ce communiqué qui conclut sur ce point en expliquant que c’est la raison pour laquelle le Burundi est capable d’assurer la sécurité de sa population.

Cette prise de position est très proche de celle exprimée hier, lors du congrès rassemblant députés et sénateurs, ainsi que celle donnée sur RFI ce week-end par le porte-parole adjoint de la présidence.

L'insécurité est criante au Burundi selon Frodebu Nyakuri

« C’est un Parlement élu illégalement, tout ça, ça ne sont que des caisses de résonnance du gouvernement et du CNDD-FDD, le parti au pouvoir », rétorque Jean Minani, président du Frodebu Nyakuri, qui vit aujourd’hui en exil. Cet opposant ajoute que l’insécurité est criante, les exécutions sommaires et les massacres documentés.

Un autre membre de l’opposition souligne que la remarque sur les opérations de maintien de la paix devrait faire réfléchir la communauté internationale. « Quand on massacre sa population, est-ce qu’on devrait encore pouvoir y participer ? », s’interroge cet autre opposant.