Congo: rafles policières à Brazzaville

Moungali, Avenue de la Paix, Brazzaville.
© Wikimedia Commons/Jomako

Au Congo-Brazzaville, au moins une centaine de jeunes auraient été arrêtés au cours des quatre derniers jours, selon des militants des droits de l’homme qui parlent d’intimidation avant la présidentielle de 2016. Mais la police dément ces allégations et invoque plutôt une simple opération contre la délinquance à l’approche des fêtes du Nouvel An.

Climat de terreur et d’insécurité. Tels sont les mots des militants des droits de l’homme au Congo-Brazzaville qui dénoncent des rafles policières dans les quartiers du sud de la capitale. Au moins une centaine de jeunes, et même davantage, auraient été arrêtés pour avoir milité contre la réforme de la Constitution, qui permet au président Denis Sassou-Nguesso de briguer un nouveau mandat en 2016.

Des arrestations arbitraires, dit le vice-président de la Commission nationale des droits de l’homme. « Ce sont des militants des partis politiques comme l’UDC et Frocad, ceux qui ont défendu l’ordre constitutionnel, ceux qui ont réclamé l’alternance démocratique en 2016, analyse Massengo Thiassé. C’est ceux-là qu’on est en train d’arrêter au fur et à mesure. Nous sommes là au service d’une police politique qui ne tient pas compte des principes démocratiques. »

C’est faux, réplique la police. Son porte-parole, Jules Monkala Tchoumou, parle plutôt d'une opération pour neutraliser des jeunes délinquants : « Parmi les priorités de cette opération, il y a effectivement la lutte contre cette forme émergente de criminalité qu’on appelle communément les "bébés noirs". Ils sont en train de s’attaquer violemment aux personnes. Il n’y a pas d’arrestations massives ou des violations des droits de l’homme. »

De nombreux policiers sont déployés à Brazzaville. Pour sa part, la police ne donne aucun bilan.