Congo: Sassou-Nguesso souhaite avancer la présidentielle à début 2016

Le président congolais Denis Sassou-Nguesso. (Ici, à son arrivée à la conférence internationale pour la lutte contre Ebola, à Bruxelles, le 3 mars 2015).
© AFP PHOTO / THIERRY CHARLIER

Le président congolais Denis Sassou-Nguesso a annoncé, mardi 22 décembre, son intention de convoquer « la présidentielle dans le courant du premier trimestre de l'année 2016 », lors d'une adresse aux élus du Parlement réunis en congrès.

Aux termes de la nouvelle Constitution, promulguée en novembre et permettant à Denis Sassou-Nguesso de briguer un nouveau mandat, la présidentielle devait avoir lieu en juillet 2016.

« Je comprends parfaitement votre volonté en même temps que votre exigence de voir s’instaurer au plus vite une nouvelle dynamique dans le pays, consécutive au vote de la nouvelle Constitution », a-t-il déclaré. « Accélérer la marche du Congo sur le chemin de son développement est un souci partagé par tous. Le renouvellement des institutions de la République participe de cette accélération. Voilà pourquoi le Conseil des ministres sera rapidement amené à convoquer le corps électoral plus tôt que prévu afin que l’élection présidentielle se tienne dans le courant du premier trimestre de l’année 2016. J’ai demandé au ministre de l’Intérieur d’élaborer un avant-projet de loi électorale qui définit de nouvelles dispositions sur la préparation, l’organisation et le déroulement des élections dans notre pays », a-t-il encore expliqué.

La nouvelle Constitution a été adoptée lors du référendum du 25 octobre dernier, dont l'opposition a rejeté les résultats comme une « tricherie ». Elle a fait sauter les deux verrous interdisant à Denis Sassou-Nguesso de briguer un troisième mandat présidentiel en 2016 : la limite d'âge et celle du nombre des mandats.

« Logiquement, [les élections] ne devraient pas avoir lieu et je ne suis pas sûr que les Congolais acceptent d’aller voter à ce scrutin-là, témoigne Mathias Dzon, l’un des leaders du Frocad, la principale plateforme d'opposition qui avait contesté le référendum de modification de la Constitution. Il a perdu la légalité et la légitimité avec l’abrogation de la Constitution de janvier 2002. Alors, il lui faut recouvrer la légalité et la légitimité. Il n’a jamais prêté serment sur la nouvelle Constitution, il n’a prêté serment que sur l’ancienne. Normalement il devrait démissionner. »