RCA: ralliement stratégique du KNK de Bozizé au candidat Dologuélé

L'ex-président de RCA François Bozizé, ici en 2013, exclu de la course à la présidentielle, a donné une consigne de vote.
© AFP/Sia Kambou

En Centrafrique, l'ex-président François Bozizé, exclu de la course à la présidentielle, a donné une consigne de vote. Lui et son parti le KNK se rallient au candidat Anicet Dologuélé qui jouit déjà d'une forte popularité. Une consigne de vote qui n'est pas sans conséquence sur la suite de la campagne et qui devrait profiter mutuellement aux deux partis.

L'accord se négocie en coulisse depuis des mois entre l'URCA, le parti de Dologuélé, et le KNK, celui de Bozizé, qui pressentait que l'ancien président ne pourrait pas se présenter. « Monsieur le président Anicet Dologuélé, vous avez le soutien de tous les membres du bureau politique, de tous les organes connexes, de base, de notre parti. Vous avez également le soutien de votre grand-frère, le président François Bozizé », a déclaré Bertin Béa, secrétaire général du KNK.

L'accord politique comporte six articles. Le plus important étant l'article dans lequel Dologuélé, s'il est élu, s'engage à impliquer les cadres du parti de Bozizé dans la gestion du pouvoir, tant au niveau exécutif que parlementaire. « Les partis politiques dépassent les hommes, ce sont des appareils qui durent, qui se construisent dans la durée, et aujourd’hui vous n’êtes plus au pouvoir mais vous vous associez à une possibilité de revenir dans la gestion du pouvoir », a affirmé le président de l'URCA.

Le KNK et l'URCA tirent mutuellement bénéfice de cet accord. Car au-delà de la présidentielle, il y a la question des législatives et de la majorité parlementaire qui en découle. Le KNK présente plus d'une centaine de députés dans les provinces et donc autant de soutiens possibles pour Dologuélé si jamais il était élu président.