Algérie: l'opposant historique Hocine Aït-Ahmed est décédé

Hocine Aït Ahmed, en septembre 2007, à Alger.
© AFP PHOTO / FAYEZ NURELDINE

L’opposant algérien Hocine Aït-Ahmed est mort en Suisse à l’âge de 89 ans, des suites d’une longue maladie, selon son parti le Front des forces socialistes (FFS). Il s’était porté candidat à l’élection présidentielle de 1999, mais s’était retiré de la course, estimant que le scrutin n’était pas fiable. Il est l’une des figures de la révolution algérienne.

Aït-Ahmed est originaire de la Kabylie. Il s’engage très tôt en politique : le lycéen de 16 ans adhère au Parti du peuple algérien (PPA). Au sein de ce parti, il expose ses idées sur la manière de mener la lutte armée pour l’indépendance.

Ensuite, il fait partie des pionniers de la première heure de la lutte pour l’indépendance du pays en 1954 contre la puissance coloniale française. Hocine Ait-Ahmed fut notamment l'un des activistes impliqué dans ce que l'on a appelé la « Toussaint rouge », ces attentats commis le premier novembre 1954 par le Front de libération nationale considérés comme le début de la guerre d'Algérie. Hocine Aït-Ahmed revenait sur ces évènements lors d'une interview accordée à Christophe Boisbouvier en 2004.

Hocine Aït-Ahmed
23-12-2015 - Par RFI

En 1962, lorsque l’Algérie accède à l’indépendance, Aït-Ahmed prend ses distances avec le régime en place. Pour cause, il démissionne de la présidence de l’Assemblée nationale et il crée son parti, le Front des forces socialistes (FFS).

Un personnage profondément « intangible »

Aït Ahmed refuse l’ordre du parti unique et la dictature militaire. L’un de ses compagnons de route décrit un personnage profondément « intangible sur les questions d’état de droit et de démocratie ». Cette posture lui vaut d'être arrêté et condamné à mort. Il s'évade finalement en 1966 et s'exile en Suisse.

Aït Ahmed mène une grande partie de son combat à l’étranger. Cela lui vaut le surnom ironique de « touriste politique ». En cause, sa posture d'exilé qui critique, de l’autre côté de la Méditerranée, la vie politique de son pays. Mais ses proches évoquent son engagement et restent marqués par le fait qu'il était intraitable sur les questions d'Etat de droit, de démocratie et de transparence.