Des forces armées tchadiennes auteurs d'attaques sur des civils en RCA

Soldat tchadien à Bangui, le 9 décembre 2013.
© REUTERS/Emmanuel Braun

Au nord-ouest du pays, dans les villages limitrophes du Tchad, plusieurs incursions des forces tchadiennes ont fait des dizaines de morts et de blessés parmi la population depuis la fermeture de la frontière tchado-centrafricaine en mai 2014. Au moins 86 civils centrafricains ont été tués et dix-huit autres blessés ces dix-sept derniers mois. C'est ce que relève le groupe d'experts des Nations unies sur la Centrafrique dans son rapport publié lundi 21 décembre.

Meurtres, pillages, extorsions, déplacements forcés... La liste des violences perpétrées par les forces de sécurité et de l'armée tchadiennes sur les civils centrafricains, dans le nord-ouest de la RCA, est longue.

Le groupe d’experts de l'ONU a recueilli des témoignages de victimes sur place, mais aussi d’auteurs de ces agressions. Pour chaque attaque, le même scenario : après avoir tiré en l'air pour chasser les habitants, des hommes armés en tenues identiques à celles des forces de sécurité tchadiennes détruisent les villages.

Ainsi, en mars 2015, c'est le village de Dokabi qui a été mis à sac. Une vingtaine d'hommes à bord de sept camionnettes siglées de l'armée tchadienne ont incendié au moins quinze maisons relève le rapport. Les experts ont pu aussi constater sur place des impacts de balles sur les habitations.

Autre constat, l'entrave au retour de Centrafricains, réfugiés au Tchad. Les populations, y compris femmes et enfants, qui ont essayé de traverser la frontière pour regagner le pays ont été la cible de tirs des forces de sécurité tchadiennes souligne le rapport.

Un rapport qui ne donne pas d'explication cependant sur les raisons de ces incursions des forces tchadiennes.