Niger: la Céni demande à l’OIF une expertise du fichier électoral

Le président du Niger Mahamadou Issoufou.
© AFP PHOTO / FAROUK BATICHE

La Commission nationale indépendante du Niger (Céni) vient de demander l'aide de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour auditer le fichier électoral. Pour le vice-président de la Céni, Kadri Oumarou, l’objectif de cette expertise internationale est de concilier deux impératifs : contrôler la fiabilité du fichier et tenir les élections dans les délais constitutionnels.

Au Niger, la tension monte, deux mois avant la présidentielle du 21 février 2016. Jeudi dernier, 17 décembre, le président Issoufou a annoncé qu’un coup d’Etat militaire avait été déjoué in extremis. Quant au fichier électoral, il fait de plus en plus polémique.

L’opposition a dénoncé une violation de la loi. De son côté, Boubacar Cissé, opposant et candidat à la présidentielle du 21 février prochain joint par RFI, a évoqué un « fichier frauduleux ».

L'opposition a émis des réserves sur la fiabilité du fichier électoral
Seydou Bacari
23-12-2015

A l’origine de cette fronde : le fichier n'a pas été validé ni par le comité chargé du fichier électoral ni par le Conseil national du fichier électoral. L’opposition a exigé un audit de l'OIF. C’est désormais chose faite.

 

 « Une expertise internationale »

« Nous avons annoncé à l’opinion nationale et internationale ainsi qu’aux membres de la Céni, que nous avons pris la décision d’adresser une requête à l’OIF pour que le fichier électoral qui vient de nous être remis soit contrôlé par une expertise internationale », a déclaré Kadri Oumarou, vice-président de la Céni.

Le président de la République a d’ores et déjà convoqué le collège électoral pour les élections présidentielle et législatives le 21 février 2016.

« La loi prévoit que le fichier doit être établi dans le délai de 60 jours avant le premier scrutin, le fichier nous a été remis le 21 décembre. Le vœu de la loi a été respecté », a ajouté Kadri Oumarou.

Le vice-président de la Céni a conclu : « Il reste maintenant à s’approprier le fichier pour contrôler sa fiabilité, de manière à ce que nous puissions conduire le processus sans problèmes. »