Sénégal: le fils de Lamine Diack s’exprime sur l’affaire

Massata Diack a affirmé qu’il n’avait aucun lien avec les affaires politiques de son père (photo).
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Nouveau rebondissement médiatique dans l’affaire Lamine Diack à Dakar. Son fils, Massata, pointé du doigt, présenté comme celui qui pourrait apporter de nombreux détails dans cette affaire, et invisible ces derniers temps, s’est exprimé mardi soir 22 décembre dans un média privé.

Annoncé à Dubaï, caché en Mauritanie ou encore dans la ville sainte de Touba, Massata Diack a accordé cet entretien dans sa maison du quartier Yoff de Dakar. Il s’est exprimé durant plus d’une heure en français, puis en wolof. Peu d’informations permettent de reconstituer le puzzle de ce dossier tentaculaire. Massata Diack a affirmé qu’il n’avait aucun lien avec les affaires politiques de son père, que lui n’avait jamais financé l’opposition politique. Il estime aussi que son père a pu faire ces déclarations fracassantes sur les financements politiques à cause de son âge, il a plus de 80 ans. Pour Massata Diack, l’enquête menée à Paris, est une enquête à charge.

« La manifestation de la vérité doit se faire, mais une enquête sévère, jugée à charge et à décharge, c’est là où l’enquête a été biaisée. On a choisi la calomnie en violation du secret de l’instruction », a affirmé le fils de Lamine Diack.

Massata Diack a indiqué qu’il ne répondrait à la justice qu’au Sénégal. Pour l’ancienne Premier ministre et ministre de la Justice Aminata Touré, proche de la présidence, il n’est pas utile d’ouvrir une procédure judiciaire au Sénégal : « A mon avis, il y a procédure ouverte en France, on ne va pas ouvrir des procédures dans plusieurs pays du monde sur une même affaire. Les Etats sont appelés à coopérer, tous les Etats qui ont signé la convention internationale de lutte contre la corruption ».

Associations des droits de l’homme, organisations de la société civile ont de leur côté demandé l’ouverture d’une enquête au Sénégal. Au PDS, le parti d’Abdoulaye Wade, les cadres n’y sont pas favorables. Ils indiquent « ne plus avoir confiance en cette justice ».


■ Les propos de Oumar Sarr « assez excessifs », selon le gouvernement

A Dakar, Oumar Sarr, coordinateur du PDS, le parti d’Abdoulaye Wade, est en prison depuis lundi soir. Inculpé pour faux usage de faux et diffusion de fausses infirmations. C’est lui qui a signé vendredi dernier le premier communiqué du parti suite aux révélations dans l’affaire Lamine Diack. Un communiqué virulent à l’encontre du chef de l’Etat Macky Sall. Les avocats d’Oumar Sarr ont dénoncé une incarcération arbitraire en estimant qu’en sa qualité de député, Oumar Sarr ne pouvait pas être interpellé.

Hier soir, les autorités ont décidé de s’exprimer. « Je pense que les propos de M. Oumar Sarr ont été assez excessifs, estime Seydou Gaye, porte-parole du gouvernement. Et d'ailleurs, ça c'est maintenant l'affaire de la justice, il est sous le coup d'une mise en examen pour diffusion de fausses nouvelles et faux et usages de faux. Ce qui lui vaut aujourd'hui d'être placé sous mandat de dépôt. Maintenant, le Parti démocratique sénégalais, qui est dans une posture revancharde et à la limite insultante se prévaut de l'immunité parlementaire dont jouirait Oumar Sarr. Mais pour rappel, cette levée d'immunité a été justifiée par des enquêtes qui étaient lancées das le cadre de la lutte contre l'enrichissement illicite. Et tant que cette enquête n'est pas close, la levée de l'immunité est en vigueur. C'est ça la loi. »