Burundi: reportage à Iwacu, journal indépendant

Antoine Kaburahé, le directeur du groupe de presse indépendant Iwacu, le 19 mai 2015 à Bujumbura.
© AFP PHOTO / JENNIFER HUXTA

Iwacu est en kiosque demain. Il est considéré comme le dernier média indépendant au Burundi. Plusieurs de ses journalistes, comme des dizaines d'autres, ont fui, y compris son patron, Antoine Kaburahe. Les principales radios privées ont été détruites et sont accusées d'avoir soutenu la tentative de putsch du 13 mai dernier. Mais malgré les difficultés et les pressions, la rédaction reste mobilisée. Reportage sur les deux derniers jours de bouclage.

« Je vais illustrer le président de l'Assemblée nationale allongé sur le tarmac pour que l'avion n'atterrisse pas sur Bujumbura. » Une caricature en une pour illustrer le refus du Burundi du déploiement de la force de l'Union africaine. Ambiance bon enfant pour un bouclage chaque fois plus tendu.

« Pour le moment, ce n'est plus seulement une passion, c'est un acte de patriotisme parce que continuer à travailler dans des conditions pareilles, c'est franchement éprouvant. Chaque fois qu'il faut partir, enjamber des cadavres, ce n'est pas facile, ce n'est pas aisé », confie Abbas Mbazumutima, journaliste d'Iwacu.

« Les sources hésitent à témoigner »

Le point mardi soir avec le rédacteur en chef Léandre Sikuyavuga pour un bouclage exceptionnellement mercredi pour cause de fête. « Dans le contexte actuel, c'est difficile de travailler. D'abord les journalistes, ils hésitent à fréquenter certains quartiers. Et même lorsqu'ils y vont, les sources hésitent à témoigner », explique-t-il.

Autre contrainte, comme beaucoup d'habitants de Bujumbura aujourd'hui, les journalistes partent de la rédaction avant 18h pour éviter l'insécurité qui prévaut la nuit dans les quartiers contestataires.

Ce n'est plus seulement une passion, c'est un acte de patriotisme
REPORTAGE
24-12-2015 - Par Sonia Rolley