Burundi: la force de stabilisation de l'UA verra-t-elle le jour?

L'Union africaine peut intervenir dans un Etat membre sans l'accord de son gouvernement en cas de circonstances graves, comme des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité.
© RFI/Miguel Martins

Le gouvernement burundais a officiellement refusé le déploiement de la force de stabilisation de l'Union africaine, décidée le 18 décembre par le Conseil de paix et de sécurité. Le Conseil avait donné 96 heures au gouvernement de Pierre Nkurunziza pour donner sa réponse, et a menacé d'intervenir malgré un refus attendu. Quelles sont les possibilités de l'Union africaine aujourd'hui ? La Maprobu pourra-t-elle voir le jour et dans quelles conditions ?

L'Union africaine peut intervenir dans un Etat membre sans l'accord de son gouvernement en cas de circonstances graves, comme des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité, c'est ce qu'indique l'article 4H de son acte constitutif. L'intervention est alors soumise à un vote à la majorité des deux tiers de l'organe suprême de l'UA, la Conférence.

Mais l'Union africaine a-t-elle les moyens de ce qu'elle propose ? Jamais elle n'a mené d'intervention dans un pays membre contre l'avis de son gouvernement, et sans l'appui politique et matériel des Nations unies.

En 2008, c'est à la demande du gouvernement central comorien que l'Union africaine est intervenue sur l'île d'Anjouan. Au Darfour, c'était une mission conjointe de l'UA et l'ONU. Et en 2007, les Nations unies avaient donné leur aval au départ de l'Amisom en Somalie. La Maprobu serait donc un dispositif sans précédent.

Mais pour Paul Simon Handy, chercheur à l'Institut d'études sur la sécurité, elle peut difficilement voir le jour dans le contexte actuel. Les pays africains restent discrets, aucun d'eux ne semble prêt à être le meneur d'une intervention au Burundi. Si, malgré les demandes du Conseil de paix et de sécurité, l'ONU ne donne pas officiellement son aval via une résolution du Conseil de sécurité, cette intervention serait une première pour l'Union africaine, mais aussi pour le droit international.