Violences à Djibouti: les Etats-Unis appellent au dialogue

Le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh.
© AFP PHOTO/Carl de Souza

Dans la nuit du 23 décembre, Washington a condamné les actes de violence qui se sont produits le 21 décembre à Djibouti. Des affrontements ont opposé la police et des membres d'une communauté rassemblée pour une cérémonie religieuse, provoquant la mort de plusieurs manifestants et augmentant la tension entre le gouvernement et l’opposition. Les Etats-Unis ont également appelé à la reprise du dialogue à l’approche de l’élection présidentielle, prévue en avril 2016.

La prise de position est claire. Les Etats-Unis ont rompu le silence de la communauté internationale à propos de la semaine sanglante à Djibouti. Washington a appelé le gouvernement djiboutien à « faire preuve de retenue ». Et l'incite « à respecter le droit des citoyens à la liberté d'expression, de rassemblement et d'association. »

Le bilan des affrontements est discuté. Les organisations de défense des droits de l'homme ont affirmé qu'au moins 27 personnes ont été tuées à Blabala. Le chiffre est beaucoup plus élevé que le bilan officiel qui, lui, fait état de sept morts.

Alors que la communauté internationale garde le silence, Washington a également souhaité que le gouvernement et l'opposition reprennent le dialogue pour s'assurer que « la présidentielle de 2016 soit transparente et pacifique ».

Deux ans de tension entre le pouvoir et l'opposition

Entre le président Guelleh et son opposition, le torchon brûle depuis les législatives de 2013. La contestation des résultats par l'opposition a entrainé sept mois de contestation violente, suivie en décembre 2014 de la signature d'un accord-cadre, jamais appliqué.

Le climat s'est à nouveau tendu lorsque, le 20 novembre, l'opposition a rassemblé des milliers de militants dans la capitale. Cinq jours après, le gouvernement a décrété l'état d'urgence sous prétexte des attentats de Paris du 13 novembre, interdisant tout rassemblement public.

L'opposition a immédiatement dénoncé une manœuvre visant à l’empêcher de préparer la présidentielle d'avril 2016. Elle pourrait être tentée de faire pression par la rue. Et c'est sans doute ce scénario que tente de déjouer le pouvoir en place.