Boko Haram «techniquement» vaincu au Nigeria?

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari (ici en juin 2015), martèle que l'armée a «techniquement» vaincu Boko Haram
© REUTERS/Afolabi Sotunde

Au Nigeria, le gouvernement s'était fixé jusqu’en décembre pour vaincre Boko Haram, qui est affilié à l'organisation Etat islamique. Jeudi 24 décembre, dans un entretien réalisé par la BBC, le président nigérian, Muhammadu Buhari, martèle que l'armée a « techniquement » vaincu Boko Haram. Un avis diversement apprécié, notamment du point de vue des populations déplacées dont le quotidien reste perturbé par l'instabilité dans le nord-est du pays.

Muhammadu Buhari est clair sur un point : Boko Haram n'est plus en mesure d'organiser des attaques de type conventionnelles. Ses incursions se limitent à l'usage d'engins explosifs, constate le président nigérian. « Les Etats de Yobe, de l'Adamawa et de Borno sont libérés », se félicite-t-il.  « Je pense donc que nous avons techniquement remporté la guerre parce que les gens sont en train de regagner leurs quartiers », conclut, d'un ton serein, Muhammadu Buhari sur la chaîne britannique.

Pour étayer cet optimisme, l'armée diffuse chaque semaine des comptes-rendus de ses victoires et des arrestations de présumés membres du groupe jihadiste.

Mais pour Freedom Onuoha, analyste des questions militaires au National Defense College, « Boko Baram a encore la capacité de coordonner des attentats suicides isolés », en témoignent les récentes attaques à Beninsheikh et Mafa dans le nord-est du pays.

Autre point noir : il existe, selon cet analyste, des poches de résistance, notamment dans la forêt de Sambisa. Ou encore Gwoza, dans l'Etat de Borno. Comme l'explique également Ayuba Bassa, le porte-parole de la communauté chrétienne de Gwoza : « La plupart des insurgés de Boko Haram sont originaires de Gwoza. Ils connaissent très bien le terrain, parce que c'est chez eux. Aujourd'hui, pour l'ensemble du gouvernement local de Gwoza, le seul endroit où on peut réellement se rendre, c'est à l'intérieur de la ville. Et même à l'intérieur de la ville, les insurgés viennent et commettent des crimes. Ensuite, ils partent se réfugier dans les montagnes. »

Dernier paramètre à prendre en compte : les quelque deux millions de personnes déplacées, dont le retour est conditionné à la pacification du nord-est du pays.

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