Bissau: le Premier ministre n'obtient pas la majorité au Parlement

Le Premier ministre, Carlos Correia, de la Guinée-Bissau arrive au bureau de la présidence à Bissau, le 17 Septembre 2015.
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En Guinée-Bissau, le Premier ministre a échoué, mercredi 23 décembre, à obtenir une majorité au Parlement pour sa déclaration de politique générale, une partie des députés de son parti s'étant abstenus. Carlos Correia dispose de quinze jours pour revoir son projet de politique générale.

Sur les 101 députés présents dans l’hémicycle, 45 ont voté en faveur et 56 dont 15 du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), sa famille politique, se sont abstenus. « La motion de confiance du Premier ministre n’a donc pas été acceptée », a déclaré le président de l’Assemblée nationale après le comptage des voix. Selon la Constitution, en cas d’un deuxième rejet, le Premier ministre doit présenter sa démission. Visiblement agacé, Carlos Correia a déclaré : « Les députés ont rejeté le programme que je leur ai proposé. J’accepte et j’assume ».

Carlos Correia dispose de 15 jours pour revoir son projet de politique générale. Et si la crise perdure, le président de la République pourrait dissoudre le Parlement, s’il est possible d’organiser des législatives dans les 90 jours.

Intérêts divergents

Pour plusieurs observateurs, le rejet du programme du gouvernement ne repose pas sur des questions de fond, mais plutôt sur les intérêts divergents et des réseaux.

Tension et agressions verbales ont agité l’hémicycle depuis le début des travaux lundi 21 décembre entre un groupe de députés dissidents du PAIGC, soutenus par le Parti de la rénovation sociale, principale force d’opposition, et la majorité du parti. La séance a été plusieurs fois interrompue par le président de l’Assemblée.

La Guinée-Bissau a connu plus d'un mois de blocage politique après le limogeage, le 12 août, du Premier ministre Domingos Simoes Pereira par le président José Mario Vaz, élu en mai 2014.