RCA: dans le Nord-Est, la campagne présidentielle s'est achevée

Karim Meckassoua, candidat indépendant, arrive pour son premier meeting de la campgne à l'élection présidentielle du 27 décembre, à Bangui, le 5 décembre 2015.
© MARCO LONGARI / AFP

En Centrafrique, les candidats à la présidentielle achevaient leurs campagnes jeudi, alors que le scrutin a été reporté au 30 décembre. Karim Meckassoua était dans dans le nord-est du pays, dans les villes de Ndélé et Birao. Cette région a été fortement perturbée, il y a quelques semaines, par un groupe armé opposé aux élections, emmené par des rebelles affiliés à Nourredine Adam, un ex-chef de guerre de la coalition Séléka.

La pseudo république proclamée par le chef de guerre Nourredine Adam n'aura même pas eu le temps de voir le jour. Le drapeau sitôt hissé il y a quelques semaines a été descendu par l'ONU. Karim Meckassoua, lui, affirme que la démocratie a fini par triompher. « La détermination de la population est telle que les rebelles ont reculé. Le peuple centrafricain en a assez de la rébellion et de la violence », affirme-t-il.

Dans l'assemblée, plusieurs partisans de Nourredine Adam minorent cette revendication de partition du pays. C'était de la provocation, disent-ils, pour que les dirigeants s'intéressent à nous. « On voulait réclamer simplement notre droit. Il y a des problèmes avec les routes, l'école, l'hôpital, l'eau... On voulait dire au gouvernement que nous sommes aussi Centrafricains, c'est pourquoi on a monté le drapeau », explique l'un des « rebelles ».

Même sentiment à Birao

Birao est une ville oubliée dans l'extrême nord-est de la Centrafrique. Des routes défoncées, des liaisons aériennes sporadiques. Jamais cette partie du pays n'a obtenu l'attention des ex-chefs de l'Etat. D'ailleurs, très peu de candidats ont fait le déplacement jusqu'ici.

Gilbert Toumou Deya est le porte-parole du MLJC un groupe armé qui a décidé de s'inscrire dans le processus électoral. « Nous avons sécurisé le processus de recensement électoral et nous sommes prêts aussi à sécuriser le processus du scrutin », explique-t-il avant de poursuivre : « Birao est très loin de Bangui, nous avons été abandonnés et c'est ce qui nous a conduit à prendre les armes. J'espère que le président-élu fera face à nos préoccupations. »

A Birao, le sultan a reçu des consignes claires, dit-il, de Nourredine Adam qui a finalement renoncé à perturber l'élection présidentielle. « Nous irons voter », affirme le sultan, « voter pour rappeller qu'ici aussi nous existons ».