Au Tchad et au Nigeria, un Noël calme mais sous surveillance

Le commissariat central de Ndjamena.
© AFP PHOTO / BRAHIM ADJI

Au Tchad et au Nigeria, deux visés par le groupe terroriste Boko Haram et qui participent à la lutte pour son éradication, les fêtes religieuses étaient particulièrement redoutées par les autorités qui ont mis les moyens pour assurer la sécurité des populations. Au Nigeria, le travail de prévention de la police a probablement permis de sauver des vies puisque des bombres ont été retrouvées dans des colis piégés. A Ndjamena, des équipes mixtes de policiers et de secours civils ont patrouillé toute la nuit.

Au Nigeria, on célèbre à la fois le Maouloud (qui marque la naissance du Prophète) et les fêtes de Noël. Des fêtes particulièrement ciblées par des attaques terroristes menées par le groupe Boko Haram, qui a fait allégeance en mars au groupe Etat islamique. Pour réduire les risques d’attaques, la police, la marine et l’armée de terre ont renforcé leurs moyens de contrôles pour assurer la sécurité des citoyens en cette période de fête.

La police a annoncé que des agents en civil et des contrôles officiels sont menés autour des sites considérés comme étant sensibles, à savoir les églises, les mosquées, les marchés, tout comme les parkings des grandes villes du pays. « Nous avons déployé plus d’agents et plus de ressources financières pour soutenir cet effort logistique », indique Olabisi Kolawole, la porte-parole de la police.

Dans un message pour les fêtes de Noël et le Maouloud, la police déconseille fortement aux citoyens d’accepter les cadeaux provenant d’inconnus. Allusion à de potentiels risques de colis piégés.

Ce message semble avoir porté ses fruits à Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno dans le nord-est du pays, où des bénévoles appartant aux forces civiles d'auto-défense ont découvert des bombes dissimulées dans des paniers, près d’une mosquée très fréquentée de la ville. Cinq présumés membres de Boko Haram ont été interpellés.

Vigilance également, en matière de criminalité maritime. A Port Harcourt, ville pétrolifère du sud-est du pays, la marine nationale affirme avoir déployé des renforts dans les sites stratégiques. « La marine collabore avec les communautés locales pour obtenir des informations sur des suspects potentiels qui ont l’intention de commettre des actes criminels dans cette zone », affirme l’amiral Atiku Abdukadir, un responsable de la marine.

La population civile mobilisée

La célébration de la nativité a également eu lieu sous haute sécurité à Ndjamena où les autorités ont déployé de gros moyens pour prévenir tout risque d’attentat. Les services de sécurité et des volontaires se sont donné la main pour permettre aux NDjaménois de passer le réveillon dans la sécurité.

Dès la tombée de la nuit, alors que les cafés et bars dancing commençaient à se chauffer, des équipes mixtes de policiers, gendarmes, militaires et secouristes se sont déployés dans les endroits stratégiques de la capitale. Ils sont relayés par des patrouilles motorisées qui sillonnent les ruelles et les quartiers périphériques.
Selon le maire de Ndjamena, Ali Haroun, c’est toute la ville qui a travaillé pour sa sécurité : « Nous avons passé le message à travers les radios ainsi qu'à travers les téléphones mobiles. A Ndjamena, depuis les quelques attentats que nous avons eus, la population contribue [à la sécurité, ndlr], elle est très très vigilante. »

Dans les lieux de cultes, le dispositif sécuritaire a été renforcé. Des agents en civils ont même infiltré les bancs des églises.

Il est deux heures du matin. Un responsable de la sécurité de la ville s’arrête à un rond-point pour discuter avec les agents en faction. « Il n'y a rien. Pour le moment la ville est calme », disent-ils. La réponse des agents sera répercutée quelques minutes plus tard à la coordination générale.

Le jour se lève sur Ndjaména. Il n’y a pas eu d’explosion, mais les urgences ont dû s’occuper des victimes de bagarres et des accidents de la route.