Un million d'enfants sans école à cause des attaques de Boko Haram

Prise le 5 mars 2015, cette photo montre une salle de classe brûlée lors d'un raid de Boko Haram, à Chibok, dans le nord-est du Nigeria, là même où plus de 200 lycéennes ont été enlevées le 14 avril 2014.
© AFP PHOTO/SUNDAY AGHAEZE

Plus de 2 000 écoles ont été fermées dans les quatre pays les plus affectés par les attaques du groupe jihadiste : au Nigeria, au Tchad, au Cameroun et au Niger. C'est ce qu'annonce l'Unicef dans un communiqué publié il y a quatre jours. Des centaines d’établissements ont été attaqués, pillés ou incendiés par les jihadistes. Conséquences de cette déscolarisation, les enfants de la région risquent d'être aussi maltraités, enlevés et recrutés par des groupes armés.

Le président nigérian Muhammadu Buhari a beau jeu de déclarer, le 24 décembre, que Boko Haram a été « techniquement » battu, l'ombre de cette organisation terroriste fait toujours planer une menace réelle sur les pays à proximité desquels il végète.

Affilié au groupe Etat islamique, ex-Boko Haram, dont le nom en haoussa peut se traduire par « l'éducation occidentale est un péché », a une cible privilégiée : les enfants et les écoles, qui incarnent l'avenir et l'éducation. « Ces enfants qui sont aujourd’hui hors de l’école, ces enfants qui ont été ciblés, ce sont aussi souvent les enfants des zones les plus défavorisées de ces pays-là. Ceux qui déjà sont malheureusement dans l’exclusion et que la seule chance qu’ils avaient de briser un peu ce cycle de l’exclusion, de la pauvreté, de la violence, c’est l’école. Et donc c’est aussi leur futur qui est hypothéqué à travers cette crise. Donc il est particulièrement urgent de les ramener à l’école, de leur redonner une forme de normalité à travers la scolarité », explique Manuel Fontaine, directeur régional de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et centrale.

Les zones frontalières et reculées où il agit sont particulièrement exposées. « J’étais récemment moi-même sur les rives du lac Tchad dans lesquelles j’ai vu tous les camps de personnes déplacées du Tchad, mais aussi des réfugiés venant du Nigeria, raconte encore Manuel Fontaine. Le problème, c’est que les zones dans lesquelles ils viennent sont souvent des zones où l’insécurité prévaut et où les écoles sont particulièrement ciblées. C’est ça le gros danger. Donc, on essaie de trouver aussi d’autres moyens. On s’aperçoit que, quand les écoles sont plus proches des communautés moins isolées, elles ont moins de risques d’être attaquées. On essaie de trouver avec les autorités, notamment au nord-est du Nigeria, des moyens pour rapprocher ces écoles des communautés, faire en sorte que les enfants soient plus proches. Grâce à ça, on espère avoir moins de risques d’être attaqués. »