Les fonctionnaires algériens de plus en plus inquiets

Le statut des 2,5 millions de fonctionnaires en Algérie ne cesse de se dégrader (photo d'illustration)
© AFP/FAROUK BATICHE

En Algérie, l'inquiétude monte chez les fonctionnaires. A cause de la baisse du prix du baril de pétrole, principale source de devise, les recettes de l'Etat ont été réduites de moitié en un an, ce qui s'est répercuté sur le statut déjà bien dégradé des employés du secteur public. Les réductions de postes récemment évoquées par le gouvernement ne font qu'accroître l'incertitude, et notamment dans l'enseignement.

Retraite et couverture santé assurée, le statut des 2,5 millions de fonctionnaires en Algérie peut encore sembler enviable. Mais, selon Rachid Malaoui, président du SNAPAP, premier syndicat indépendant du secteur, ce statut ne cesse de se dégrader, surtout depuis la chute du prix du baril de pétrole. « Le pouvoir d’achat n’a pas cessé de dégringoler ces dernières années malgré les augmentations qu’on a arrachées avec une lutte acharnée, explique-t-il. Mais, elles sont rattrapées par l’inflation. Si l’on ose comparer notre salaire actuel reconverti en euros, on ne retrouve même pas un tiers du salaire qu’on avait au début des années 1990.  »

Désormais, les syndicats craignent que le gouvernement ne se lance dans une réduction drastique des postes de fonctionnaires pour faire des économies. « On a beau dire que la crise économique ne va pas toucher deux secteurs, l’éducation et la santé, témoigne Meziane Meriane, enseignant et porte-parole du syndicat autonome Snapest, mais la réalité est là, elle crève les yeux : sur un besoin de 20 000 enseignants on en recrute que la moitié. Récemment, il y a eu un concours de recrutement mais on n’a pas recruté assez. »

Le 29 décembre, un rassemblement est prévu devant le ministère de l’Education à Alger pour demander l'augmentation des salaires et la limitation du recours aux contrats précaires.