RCA: les problèmes juridiques du report des élections

La présidente de la transition, Catherine Samba-Panza, a annoncé le report des élections législatives et présidentielle au 30 décembre.
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En République centrafricaine, l'Autorité nationale des élections (ANE) confirme le report de trois jours du premier tour de la présidentielle et des législatives au 30 décembre, initialement prévu le dimanche 27 décembre. Un report qui pose un certain nombre de problèmes juridiques qu'il a fallu régler.

Avec les élections repoussées de trois jours, la campagne devrait également l'être pour s’achever lundi 28 décembre au soir, à minuit. Autre contrainte, il faut de nouveau convoquer le corps électoral pour le 30. Cela nécessite un décret présidentiel qui sera signé ce samedi au plus tard, assure-t-on à la présidence.

Enfin si le code électoral prévoit que les élections en Centrafrique se tiennent le dimanche, il autorise néanmoins des dérogations. Le Comité stratégique de suivi des élections (CSSE) compterait ainsi invoquer les articles 73 et 75 du code qui permettent de changer la date en cas de force majeure.

Selon une source proche du dossier, le Comité stratégique de suivi des élections, réuni sur ces questions juridiques vendredi dernier, se serait plaint également du comportement de l’Autorité nationale des élections (ANE) qui ne serait pas à la hauteur. Quoi qu’il en soit, cette instance en charge de l’organisation technique des scrutins a désormais les projecteurs braqués sur elle pour les jours et semaines à venir.

Un report trop court pour certains

Si ce nouveau glissement est admis par tous les candidats, certains demandaient un report plus important. C'est le cas de Désiré Kolingba, candidat du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) qui pense que trois jours, « c’est court ».

« Il faut mieux donner la latitude à l’Agence nationale des élections pour faire un travail correct, que ça ne puisse souffrir d’aucune contestation postélectorale », et « pour qu’elle ait véritablement le temps de résoudre toutes les difficultés », estime-t-il.

Désiré Kolingba insiste : « Ce sont des élections cruciales pour la République centrafricaine. S’il y a des difficultés, il faut les résoudre avant que nous ne puissions tomber dans des situations incontrôlables. »