Crise au Burundi: reprise de la médiation ougandaise

Le président burundais Pierre Nkurunziza et le président ougandais Yoweri Museveni à Bujumbura, lors de la première phase des discussions qui s'étaient soldées par un échec, le 14 juillet 2015.
© RFI/Sonia Rolley

Le premier round de discussions à Bujumbura, juste avant la présidentielle de juillet dernier, s'était soldé par un échec après le retrait du gouvernement. Ce lundi 28 décembre, le président ougandais, Yoweri Museveni, relance sa médiation en vue de trouver une solution à la spirale de violences dans laquelle s'enfonce le Burundi depuis l'annonce par le président Pierre Nkurunziza de sa décision de briguer un troisième mandat fin avril. Mais le pays n'est pas encore au bout du tunnel.

Pour la première fois depuis plus de cinq mois, le pouvoir burundais et son opposition vont se retrouver autour d'une même table de discussions ce lundi matin à la State House Entebbe, en Ouganda. Cela n'a pas été facile. Au-delà d'une victoire personnelle pour le médiateur ougandais, il a fallu de multiples pressions et menaces de la communauté internationale pour en arriver là.

Mais les Ougandais ont déjà prévenu : il ne faut pas trop attendre de la cérémonie officielle de ce lundi car on ne va pas entrer dans le vif du sujet. Après un discours du président Yoweri Museveni, suivi de discussions à huis clos, les différentes parties devraient repartir chacune dans sa direction.

Pessimisme

Les choses sérieuses devraient commencer bientôt, dès la semaine prochaine peut-être, selon certaines sources diplomatiques. Et cette fois, les différents protagonistes du conflit burundais devraient se retrouver à Arusha en Tanzanie. Tout un symbole, car c'est dans cette ville qu'on a signé en 2000 l'accord de paix qui a mis fin en grande partie à la guerre civile qui avait cours au Burundi à l'époque.

Mais là aussi, ça ne sera pas facile. Le gouvernement continue de traiter de « terroristes » ses principaux opposants regroupés au sein d'une coalition politique en exil, le Conseil national pour le respect de l'accord d'Arusha et de la restauration de l'Etat de droit au Burundi (Cnared), et refuse de s'asseoir avec eux à la même table de négociation. Dans ces conditions, plusieurs analystes se disent pessimistes sur une rapide sortie de crise au Burundi, alors que le pays s'enfonce chaque jour un peu plus dans la violence.

Espoirs

La réouverture de ces pourparlers était particulièrement attendue par les délégations et notamment par celle du Cnared. Cette nouvelle phase dans la médiation est synonyme d'espoir pour Pancrace Cimpaye, le porte-parole du mouvement. « Nous pensons que c’est le début d’une ère nouvelle. Une ère qui doit trancher avec le drame qui est en train de se passer et dans le silence total du monde entier, souhaite-t-il. On espère qu’aujourd’hui, les projecteurs seront officiellement braqués sur Bujumbura. On va siéger en tant que Cnared parce que c’est un mouvement qui est là, un mouvement citoyen qui se veut être une alternative à la déconfiture actuelle. »

Réunis au grand hôtel de Munyonyo construit sur les bords du lac Victoria, les participants discutent dans le hall. Devant la fontaine passent les invités. Pour tous, il est bien sûr question de régler le conflit qui se joue actuellement au Burundi, mais Sylvestre Ntibantunganya, ex-président du Burundi, pense aussi à la situation régionale. « Dès que le Burundi se déstabilise, il va sans dire que cela produit immédiatement des conséquences sur les pays voisins. Nous le voyons déjà aujourd’hui avec l’afflux de réfugiés donc ce rendez-vous doit être accompagné dans les meilleurs délais de résultats », juge-t-il.