Madagascar : des fêtes sous le signe de la morosité

Même les vendeurs de jouets à la sauvette ont du mal à trouver acheteur.
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Les fêtes de fin d’année sont plutôt moroses à Madagascar, l’un des pays du monde où le PIB par habitant est le plus bas. Sur les marchés, les gens achètent peu et les vendeurs font grise mine, à de rares exceptions près.

A Madagascar, Noël s’est déroulé dans la sobriété. C’est plutôt à l’église qu’on a réveillonné car, faute d’argent, la population ne peut pas faire de folies. Près de neuf personnes sur dix vivent avec moins d’1,50 euro par jour sur la Grande Île et la pauvreté semble s’aggraver cette année, à en croire les commerçants.

Dans les marchés, l’ambiance est plutôt morose car les Malgaches ont très peu dépensé. Ainsi, dans le grand marché Analakely, à Antananarivo, les vendeurs ont beau haranguer la foule, peu de passants s’arrêtent devant les étals encore pleins.

« La saison est mauvaise par rapport à l’année dernière. Très mauvaise. J’ai perdu 50% de mon chiffre d’affaires environ », explique une vendeuse de jouets en plastique. « On voit bien, reprend-elle, que les gens sont sans le sou. Les vendeurs se tournent les pouces… ».

Ni travail ni argent

Si les adultes s’offrent peu de cadeaux entre eux à cause du manque de moyens, ils achètent en général un petit quelque chose pour leurs enfants mais dans le stand d’à côté, la vendeuse fait elle aussi grise mine.

Ses peluches, de toutes tailles, n’ont pas trouvé preneur. « L’année dernière, dit-elle, on avait tout vendu. Mais regardez ! Cette année on a encore plus de la moitié de notre stock ! Il y a quand même beaucoup de gens qui voudraient faire plaisir à leurs enfants. Mais, se désole-t-elle, il n’y a ni travail… ni argent. »

La situation est un peu différente pour ce commerçant qui écoule des robes, même si ce sont des robes de seconde main. « Le mois de décembre s’est bien passé, se réjouit-il. On vend surtout des robes longues. C’est que les prix en magasin sont élevés, donc les gens préfèrent acheter en friperie. »

Malgré un pouvoir d’achat en baisse, les Malgaches ont quand même dépensé un peu plus pour le repas du réveillon, pour pouvoir accompagner le riz d’un peu de viande ou de légumes. Bien mince consolation.