Coup d'Etat déjoué au Niger: la pression s'accentue sur Hama Amadou

L'ancien président de l’Assemblée nationale du Niger Hama Amadou est incarcéré dans le cadre d'une affaire présumée de trafic de bébés.
© AFP PHOTO/MAHMUD TURKIA

Les avocats d'Hama Amadou doivent plaider ce lundi devant la cour d'appel pour obtenir sa mise en liberté provisoire. Le 9 décembre, une première demande avait été jugée irrecevable par la Cour de cassation. L'ancien président de l'Assemblée nationale nigérienne a été arrêté le 14 novembre à sa descente d'avion après un an d'exil. Il est depuis incarcéré dans le cadre d'une affaire présumée de trafic de bébés. Mais depuis l'affaire du coup d'Etat déjoué, la pression s'est accentuée sur l'opposant, candidat à la présidentielle du 21 février.

Après l'annonce, le 17 décembre dernier, par le président Issoufou relative au coup d'Etat déjoué au Niger, l’ancien président de l’Assemblée nationale Hama Amadou n'a pas été officiellement pointé du doigt. Mais dans une conférence de presse, le ministre de l'Intérieur a évoqué les propos d'« un leader de l'opposition » qui aurait dit à certains de ses visiteurs qu'à partir du 18 décembre il y aurait des changements. Le 18 décembre étant le jour fixé initialement, selon les autorités, pour l'exécution de cette présumée tentative de déstabilisation.

Deux jours plus tard, deux enquêteurs se sont rendus à Filingué, à deux kilomètres de Niamey, dans la prison de l'opposant, pour l'entendre précisément sur cette affaire de coup d'Etat.

L'entourage visé

En fin de semaine dernière, c'est l'entourage d’Hama Amadou qui a été ciblé. Cinq des responsables locaux de son parti, le Moden Fa Lumana, ont été arrêtés chez eux, sans aucun mandat, selon leurs proches. Selon l’un des avocats du collectif qui s'est constitué pour les défendre, tous seraient aujourd'hui détenus à la DGSE.

Aucune raison n'a été donnée officiellement pour justifier ces arrestations. Mais pour un proche d'Hama Amadou, « il s'agit d'une stratégie » pour mettre en difficulté l'opposant avant l'audience de ce lundi, et son parti avant les élections du 21 février.