Burundi: ouverture des pourparlers en Ouganda dans un climat tendu

Les présidents burundais et ougandais, en mai 2009.
© AFP Photo/Peter Busomoke

Il a commencé avec du retard, mais le dialogue inter-burundais est officiellement relancé en Ouganda, sous la forme d'une reprise de contact, via la médiation ougandaise. Il était en panne depuis cinq mois. C’est une tentative pour sortir de la crise qui agite le Burundi depuis l'annonce du troisième mandat du président Pierre Nkurunziza. La cérémonie s'est déroulée au palais présidentiel d’Entebbe, en Ouganda, avec les représentants du gouvernement, de l'opposition et de la société civile. Tous autour de la même table sous la pression internationale.

Une centaine de personnes, une quinzaine de parties en tout, étaient présentes ce lundi matin pour faire entendre leur voix. Leur présence même à Entebbe était positive, car il y a peu de temps, il était encore impossible de les réunir. Le suspense a d’ailleurs duré jusqu’au dernier moment, le rendez-vous ayant pris plus d'une heure et demie de retard.

Le président ougandais a d’abord distribué la parole aux différents partenaires internationaux : Union africaine, Union européenne, Nations unies. Les différentes organisations ont renouvelé leur soutien à la médiation pour une sortie de crise rapide au Burundi, mais ils ont aussi mis en avant leurs inquiétudes.

Et c’est dans une atmosphère tendue que le président ougandais Yoweri Museveni a fait son entrée. Une entrée tardive dans sa traditionnelle chemise jaune et son chapeau vissé sur la tête. Il a appelé les parties à ne pas exiger de conditionnalité pour permettre au dialogue d’avancer.

Mais lors du passage à la tribune, les attaques se sont succédé. Le Conseil national pour le respect de l'accord d'Arusha et la restauration d'un Etat de droit au Burundi (Cnared) est dénoncée comme comprenant dans ses rangs des putschistes. Le pouvoir est lui incriminé par l’opposition d’exécutions extrajudiciaires.

Rendez-vous le 6 janvier à Arusha

Un prochain rendez-vous est prévu le 6 janvier à Arusha en Tanzanie. Une annonce qui a très vite fait réagir le gouvernement burundais qui a dénoncé dans un communiqué le non-consensus à propos de ce nouveau rendez-vous. Il y regrette aussi que le Cnared qui n’est pas reconnu par la loi burundaise, ait été invité à parler.

L’opposition s’est elle réjoui d’un rendez-vous prochain et espère qu’il y sera défini un calendrier précis ainsi qu’une orientation pour les discussions. Ce lundi matin, le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, a exclu fermement toute discussion possible à la table du Cnared.

Le ministre des Relations extérieures, Alain Aimé Nyamitwe, a lui laissé en suspens la question de sa présence à ce rendez-vous, dénonçant une date qui n’a pas été concertée.

La date du 6 janvier est donc donnée pour le premier rendez-vous à Arusha. Le début du dialogue va être, semble-t-il, compliqué. La médiation essaie d'établir un calendrier, mais pour l’instant la présence des différentes parties reste encore très incertaine.