Ouganda: les pourparlers sur le Burundi s'ouvrent à Entebbe

A Nairobi, au Kenya, le 20 décembre, des manifestants marchent en faveur de la pluralité politique et la démocratie au Burundi.
© REUTERS/Noor Khamis

Ce lundi 28 décembre 2015, l'Ouganda accueille les représentants du gouvernement, de l'opposition et de la société civile burundaise. Les pourparlers vont démarrer si tout se passe bien à Entebbe, près de la capitale, Kampala, où se trouve le palais présidentiel et sous l'égide justement du président ougandais Museveni.

Ce lundi 28 décembre 2015 au matin, lors de l'arrivée des délégations participant à la reprise des négociations, difficile de savoir qui est présent. Les participants sont dans des véhicules aux vitres teintées. Leur entrée s'est faite lentement à cause des nombreux contrôles pour arriver jusqu’à la State House.

Très vite, après l'ouverture à 9 h, les délégations vont se retrouver à huis clos. Il y a  environ 70 personnalités à participer : le gouvernement burundais, le parti au pouvoir le CNDD-FDD, l’opposition, la société civile, les femmes, les médias... Quelques-unes de ces personnalités doivent prendre la parole lors de ce huis clos. Un choix d’orateurs qui faisait encore débat, semble-t-il hier. Même si cette première journée a valeur symbolique : en effet, la rencontre devrait se terminer vers midi.

Les différentes délégations arrivées hier, dimanche soir, se voulaient optimistes et voulaient y croire. Dans cet hôtel de Munyonyo où les différentes délégations sont logées, les discussions allaient bon train. On se met d’accord, m’ont confié différents participants. L’Ivoirien Kassimi Bamba de l’Union africaine (UA) était présent et tentait de répondre et d’écouter toutes les parties demandeuses. Malgré toutes ces bonnes volontés, les discussions vont tout de même être difficiles.

De maigres chances de succès

Interrogé juste avant de prendre l’avion pour Kampala, le ministre des Relations extérieures, Alain Aimé Nyamitwe pose une série de conditions et de limites à la participation du gouvernement : « D’abord, il s’agit du dialogue, pas de négociations. Deuxièmement, pour nous, nous avons clairement indiqué au facilitateur que nous n’allons pas cautionner, ni légitimer, les putschistes, ni le mouvement putschiste ».

Le gouvernement refuse notamment de discuter avec le Conseil national pour le respect de l'accord d'Arusha et la restauration d'un Etat de droit au Burundi (Cnared) en tant qu’organisation, plateforme créée par des anciens du régime de Pierre Nkurunziza, des opposants politiques et des membres de la société civile, qui demande toujours le départ du président burundais.

Pour l’opposant Charles Nditije, l’une des très rares figures politiques d’opposition, qui a signé la déclaration de création du Cnared, à vivre encore ans le pays, la médiation ne doit pas se tromper : « Il est important et nous soulignons cela, surtout vis-à-vis de la médiation, le pouvoir de facto de Nkurunziza, il est partie prenante au conflit. Il n’a pas à imposer la méthodologie parce qu’il est le mal absolu. Toutes ces victimes, ces assassinats, ces enlèvements, c’est de la faute du troisième mandat ».

Putschistes d’un côté, mal absolu de l’autre, voilà le ton à la reprise de ce dialogue, dont personne n’est sûr qu’il se prolongera après ce lundi. C’est l’un des enjeux de cette journée de reprise.