Republier
Centrafrique

[Reportage] En RCA, une nouvelle «caravane pour la paix» avant le vote

L'archevêque de Bangui, Monseigneur Dieudonné Nzapalainga, arrive au centre Jean XXIII, le 6 octobre 2015, où sont accueillis des déplacés depuis le début des violences en Centrafrique.
© AFP PHOTO / EDOUARD DROPSY

A Bangui, l'archevêque Dieudonné Nzapalainga et l'imam Kobine Layama ont tenu ce lundi une nouvelle marche pour la réconciliation comme ils en ont déjà fait plusieurs. Ce qu'ils appellent une « caravane pour la paix ». Cette fois, le but était de permettre aux musulmans du PK5 d'enterrer leurs morts dans un cimetière situé à plusieurs kilomètres de là, dans le quartier Boeing. Reportage.

C’est un attelage hétéroclite, qui avait été convié à cette nouvelle marche, visant à permettre aux musulmans d’accéder à un de leur cimetière, situé dans le quartier Boeing, de l’autre côté de l’aéroport. Derrière l’archevêque de Bangui et l’imam Kobine Layama, une quarantaine d’habitants, mais aussi un ancien Premier ministre, une miss, un ex-porte-parole des anti-balaka et le président du comité d’autodéfense du quartier du PK5, Mohamed Ali Fadoul.

« Le tombeau de mon père, c’est ici, dit-il la voix tremblante. Ça fait plus de deux ans que je ne suis pas venu ici. L’autre jour, il y a des gens qui disaient qu’on a construit des maisons dans le cimetière, alors que c’est faux. Il n’y a aucune maison ici. Il n’y a que des herbes. »

→ A (ré)écouter : RCA: l'archevêque de Bangui au quartier PK5 pour apaiser les esprits

Le cimetière est laissé à l’abandon. Depuis plus de deux ans, les musulmans du PK5 enterrent souvent leurs morts dans des arrière-cours, ou parfois dans des paroisses.
« La première opération que nous allons faire sera de nettoyer tout le cimetière, explique Monseigneur Dieudonné Nzapalainga. Les jeunes sont coopératifs. On va leur donner quelques moyens financiers pour qu’ils puissent nettoyer tout ici. La deuxième opération sera maintenant de s’entendre ensemble pour laisser nos frères musulmans venir enterrer librement et dignement ici, tous ceux qui nous ont quittés. »

Mais restent encore quelques détails à régler. Combien de temps pour réhabiliter ce cimetière ? Et surtout une question : les musulmans pourront-ils réellement venir jusqu’ici, à plusieurs kilomètres du PK5, pour se recueillir et enterrer leurs morts ? Le chef local des anti-balaka a donné sa parole.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.