Tchad: l'opposant Saleh Kebzabo appelle au dialogue avec le pouvoir

Saleh Kebzabo (g.) à Ndjamena le 23 avril 2011.
© Gael COGNE / AFP

Au Tchad, l’opposition appelle à un dialogue politique sur l’organisation des élections qui auront lieu dans quatre mois. C’est son chef, Saleh Kebzabo qui le dit hier au cours d’une conférence de presse où il a pointé de nombreuses irrégularités dans l’organisation du recensement électoral biométrique, censé permettre la tenue d’une élection apaisée.

Le chef de l’opposition qui rentre d’une tournée à l’intérieur du pays dit avoir constaté une immense soif de changement chez les populations, appauvries par 25 ans de règne d’Idriss Déby. Surtout que le recensement biométrique qui s’est achevé le 15 décembre dernier devrait permettre de réduire la fraude. Mais, déplore Saleh Kebzabo, on a enrôlé des mineurs et même des réfugiés.

« Le MPS [Mouvement patriotique du salut] a gravement fauté par son déficit de patriotisme et de nationalisme, en faisant enrôler massivement des étrangers qui bénéficient de l’asile politique dans notre pays », dit-il. « Nous sommes en train de rassembler les preuves pour, le moment venu, saisir le secrétaire général des Nations unies pour ce manquement grave de son institution, le HCR qui s’est rendu coupable en omettant de prendre des mesures qui s’imposaient. Nos allégations portent surtout dans les régions de l'Ennedi-est, du Wadi Fira et du Ouaddaï », a-t-il conclu.

Le chef de l’opposition appelle le pouvoir à un dialogue politique pour corriger les ratés du recensement et éviter toute contestation de la présidentielle prévue en avril prochain.