Reprise de la médiation ougandaise: qu'en pensent les Burundais?

A Bujumbura, lundi soir, beaucoup de Burundais ne connaissaient pas le détail des discussions à Entebbe.
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimana

En l’absence des médias privés les plus suivis, interdits depuis la tentative de putsch car accusés d’être complices, les Burundais s’informent par la radio nationale, mais aussi et surtout dans la capitale, par les réseaux sociaux et les messageries instantanées. Ce qui n’est évidemment pas à la portée de tout le monde. Du coup, l’information a eu du mal à se diffuser.

Même dans la soirée, lundi, très peu de gens semblaient avoir les détails de ce qui s’était passé à Entebbe, en Ouganda, et cherchaient à s’informer. Dans la journée, certains, notamment au sein des couches les plus défavorisées, ignoraient même que le dialogue entre le pouvoir et l'opposition burundaise avait repris.

Le Cnared a finalement parlé, même si le gouvernement était contre, note un habitant. Ceux qui parlaient étaient tous des anti-troisième mandat, explique un autre. Même si officiellement aujourd’hui à Bujumbura, on se refuse à parler politique. « C’est trop dangereux, on ne sait pas qui écoute », dit-on.

Bujumbura « cherche à gagner du temps »

Hors micro et hors caméras, certains commentent volontiers la situation. « On joue notre survie. Quel que soit son bord, on sait qu’on est à un moment charnière », explique un citoyen. Et certains commentent notamment la décision du gouvernement de refuser la date du 6 janvier. « Il cherche à gagner du temps », s’accordent à dire plusieurs habitants.

Mais sur les raisons de cette stratégie, les opinions divergent : « Le gouvernement met la pression sur la médiation pour obtenir un rapport de force plus favorable », disent les uns. « Le gouvernement va précipiter par son obstination le pays dans le conflit », affirment les autres. Mais tôt ou tard, cela se terminera par un dialogue, s’accordent à dire les Burundais.

Les habitants semblaient donc convaincus lundi soir que la porte des discussions ne serait jamais vraiment fermée. Beaucoup moins de la capacité des acteurs politiques à résoudre la crise au mieux des intérêts de la population.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.