Côte d’Ivoire: indemnisation des victimes de la crise post-électorale

Des civils passent les mains en l'air devant un soldat fidèle à Laurent Gbagbo autour du palais présidentiel, à Abidjan le 3 avril 2011.
© REUTERS/Luc Gnago

L'indemnisation des victimes des crises survenues en Côte d'Ivoire se poursuit. Depuis le lancement du processus par le chef de l'Etat en août dernier, le Programme national de cohésion sociale (PNCS) a procédé à l'indemnisation des premières victimes. Ce lundi 28 décembre, 200 d'entre elles ou leurs ayants droit ont reçu réparation.

Medoma Faye a perdu son mari pendant la crise de 2011. Attristée, elle fait la queue derrière plusieurs autres victimes et parents de victimes, venus récupérer leur chèque d'un million de francs CFA (environ 1 500 euros) dans le cadre du processus d'indemnisation des victimes des crises en Côte d'Ivoire.

Une somme symbolique, selon elle : « Le fait de nous donner un chèque, vraiment ça nous apaise un tant soit peu. Mais on ne peut jamais oublier, on ne peut jamais remplacer la personne qu’on a perdue. C’est juste un symbole pour dire que, le dialogue est mieux. Les armes, ça ne vaut pas la peine ».

Un fonds de 10 milliards de francs CFA

Près de 4 500 victimes sont concernées par cette première opération d'indemnisation. Mais parmi elles, 3 500 sont décédées. Les deux tiers environ ont déjà perçu leur indemnisation d'après le Programme national de cohésion sociale.

De nombreuses victimes déplorent tout de même des lenteurs dans le processus. Mariatou Koné, la directrice du PNCS, appelle à la sérénité : « Les personnes qui n’ont pas encore reçu leur chèque, c’est dû à quelques petites difficultés. C’est le fait que parfois, dans une même famille, il a plusieurs personnes qui veulent prendre l’argent, et nous on ne peut pas se mettre dans les histoires de famille. Donc on attend que la famille soit d’accord pour nous donner le nom d’une seule personne qui va prendre le chèque au nom de la famille ».

Au total, près de 150 000 personnes ont été recensées par la Commission nationale pour la réconciliation et l'indemnisation des victimes (Conariv). Un fonds spécial de 10 milliards de francs CFA devrait financer cette vaste opération.