Fin de l'épidémie Ebola en Guinée: l'OMS recommande de rester vigilant

Un centre de soins contre le virus Ebola en Guinée, pendant l'épidémie aujourd'hui terminée.
© AFP PHOTO KENZO TRIBOUILLARD

La République de Guinée a célébré ce mercredi 30 décembre la fin officielle de l'épidémie d'Ebola dans le pays. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a en effet déclaré le pays exempt de transmission du virus. La Guinée, qui a été le foyer de la maladie, a connu depuis 2013 près de 4 000 cas, et a compté officiellement 2 536 morts. C’est un grand pas vers l’éradication de la maladie en Afrique de l’Ouest, mais l'OMS recommande de redoubler de vigilance, car il y a encore risque de résurgence.

Le 29 décembre marquera une date historique dans la lutte contre le virus Ebola. En annonçant la fin de l’épidémie en Guinée, l’Organisation Mondiale de la Santé a affirmé que la chaîne de transmission d'origine du virus est complètement stoppée. Après le Liberia et la Sierra Leone, la Guinée était en effet le dernier pays où cette chaîne de transmission était encore active.

Cela veut dire que les risques de résurgence restants proviennent seulement de patients déjà guéris, qui peuvent garder le virus jusqu'à neuf mois dans différents liquides corporels, comme le sperme, le lait maternel ou le liquide lacrymal. Les nouvelles transmissions ne peuvent se faire que par ce biais.

Fin de la transmission du virus

L’Organisation Mondiale de la Santé peut déclarer un pays exempt de transmission du virus 42 jours après que le dernier cas confirmé ait été testé « négatif » pour la deuxième fois. Cela correspond à deux fois la période maximale d’incubation du virus, qui est de 21 jours.

En Guinée, le cas de Noubia, une fillette née il y a quelques mois d'une mère atteinte d'Ebola au centre de Médecins sans Frontière de Conakry. Et elle est totalement guérie depuis le 16 novembre.

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C'est donc la fin d'une épidémie qui a littéralement ravagé le pays et bouleversé son tissu social. C'est en Guinée que la campagne anti-Ebola a rencontré le plus de résistance de la part de la population. Une résistance caractérisée par le massacre de Womé, en septembre 2014 : huit membres d'une délégation anti-Ebola avaient été tués par des habitants de ce village de Guinée Forestière. La population les soupçonnait de véhiculer le virus.

La Guinée a aussi été l'un des pays les plus touchés par la maladie : sur le bilan total de 11 300 morts dressé par l'OMS, 99% des victimes vivaient en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia.

Un risque de résurgence

Malgré le recul de la maladie, les risques de résurgence via la persistance du virus dans certains liquides corporels sont encore nombreux. L'OMS indique qu'entre mars et novembre 2015 il y aurait eu 10 résurgences de ce type.

La fin de l'épidémie a par exemple déjà été déclarée deux fois au Liberia avant que le virus ne refasse surface. Les deux derniers cas libériens ont été officiellement guéris le 4 décembre 2015. Il faudra donc attendre le 16 janvier 2016, si aucun nouveau cas n'est déclaré, pour que le Liberia soit officiellement déclaré « Ebola Free ». Quant à la Sierra Leone, elle a été déclarée exempte de transmission du virus le 7 novembre dernier.

Les trois pays restent donc sous haute surveillance, la Guinée pour 90 jours encore. Cela veut dire que les équipes soignantes restent sur place et que les laboratoires continuent de fonctionner pour tester des cas éventuels.

Prochaine étape : le développement des secteurs de santé nationaux

Il faut maintenant préparer les différents pays au départ des équipes soignantes. Dans ce but, l’OMS est ses partenaires ont prévu une période de transition, durant laquelle des fonds seront octroyés aux différentes infrastructures locales pour qu’elles puissent parer à d’éventuelles nouvelles épidémies. Cela se fera principalement dans le secteur de la santé de la femme et de l'enfant.