Burundi: dans certains quartiers de Bujumbura, la tension reste vive

Des soldats burundais quittent le quartier de Cibitoke à Bujumbura, le 1er juillet 2015.
© MARCO LONGARI / AFP

Cette fin d’année au Burundi se déroule dans un contexte de tension notamment dans certains quartiers contestataires de Bujumbura. Après les violentes répressions du 11 décembre dans la capitale, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) dresse un bilan provisoire de 154 morts et d’environ 150 jeunes portés disparus. Des chiffres contestés par l’armée. Les forces de l'ordre, qui ont mis la main sur des caches d'armes mardi, se félicitent même de la collaboration de la population alors que de leur côté, les habitants dénoncent des abus.

Du point de vue de la police, c’est un simple fait divers, des voleurs s’en seraient pris à un ressortissant d’un autre quartier, Kamenge, un vol en bande organisée. « Mais nous avons pu récupérer l’argent et ils ne sont partis qu’avec la carte d’identité », explique un officier. S’en est suivi, toujours selon la police, une course poursuite dans le quartier. La police aurait alors tiré quelques coups de feu avant qu’un homme soit interpellé.

« Ils ont barré toute la circulation. Ils ont détruit les portes des maisons en entrant. Quand on fouille une maison, on peut y entrer doucement, là ce n’était pas le cas. Les petits objets ont été volés », témoigne un habitant. Dans cette rue, plusieurs maisons ou parcelles ont les portes ou vitres fracturées, matelas retournés, les rares meubles ouverts, le contenu sorti. Et beaucoup de colère comme cet homme qui explique : « Il n’y a pas de voleur ici. Je suis chauffeur mécanicien. Est-ce que je suis un voleur ? ».

Les femmes surtout refusent de témoigner au micro. Elles finissent par expliquer que la police serait venue à nouveau chercher les garçons ou les hommes de la maison. « Il n’y en a plus ici, ils ont été tués, arrêtés ou ont fui, dit une mère effondrée. Regardez vous-même, il n’y a que des femmes sur cette parcelle, ce n’est pas vraiment les hommes qu’ils viennent chercher », dit-elle, encore tremblante, les larmes aux yeux.

Un haut responsable de la police dément les accusations de vol et autres abus. Pour lui, les habitants couvrent des criminels et cherchent juste à discréditer la police en se faisant passer pour des victimes.