Fosses communes présumées au Burundi: une ONG exige une enquête

Un corps non identifié dans une rue d'un quartier de Bujumbura au Burundi, le 12 décembre 2015, au lendemain des attaques de casernes militaires.
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimana

Après le démenti des autorités burundaises, les associations de défense des droits de l’homme s’emparent de la question des présumées fosses communes suite au drame du 11 décembre à Bujumbura. La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (Fidh) dresse un bilan provisoire de 154 morts et d’environ 150 jeunes portés disparus pour cette journée. Des chiffres contestés par l’armée qui parle de « 79 ennemis tués ».

Anschaire Nikoyagize, président de la Ligue burundaise des droits de l'homme Iteka, pointe du doigt la responsabilité des autorités burundaises dans ces disparitions et demande l’ouverture d’une enquête internationale avant que les preuves ne disparaissent.

« La ligue Iteka demande à la communauté internationale d’intervenir immédiatement en accélérant surtout la mesure prise par l’Union africaine d’envoyer les forces de maintien de la paix au Burundi pour arrêter ces crimes commis par des agents du pouvoir en place et aussi une enquête internationale avant la disparition de ces fosses communes et des témoins oculaires, souligne-t-il. Vu que ces différentes fosses communes sont gardées par la police, la ligue Iteka craint que le gouvernement essaie de voir comment s’en sortir, comment faire disparaître ces fosses communes. »

Mercredi, RFI a publié une enquête sur de présumées fosses communes liées à la répression violentes qui a suivi les attaques de casernes du 11 décembre.

La ligue Iteka dénonce également une multiplication des enlèvements au Burundi avec, fait nouveau, des demandes de rançons, parfois en l’échange des corps des disparus.