Burundi: début d'année agité dans les quartiers de Mutakura et Cibitoke

Dans les rues de Nyakabiga, haut lieu de la contestation burundaise à Bujumbura, le 12 décembre 2015, après la découverte de dizaines de cadavres dans les rues.
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimana

La matinée du vendredi 1er janvier 2016 a été calme après une nuit agitée dans certains quartiers de Bujumbura. Mais les quartiers contestataires de Cibitoke et Mutakura ont été encore bouclés une bonne partie de l'après-midi de vendredi, alors que le président Nkurunziza dans ses vœux se félicitait le 31 décembre que l'année 2015 se terminait «dans la paix, la sécurité et beaucoup d'allégresse». Le tout sur fond d'arrestations dans la capitale. En fin de journée, le blocus a été levé et la situation était redevenue calme.

La route nationale entre Mutakura et Cibitoke fermée par des policiers. « Vous ne pouvez pas passer. Il y a des tirs », dit l'un d'eux. L'axe, juste au-dessus, l'avenue Kanyoni est elle aussi fermée, mais par des militaires. « Il y a eu une attaque à la grenade, il faut qu'on trouve qui a fait ça », explique un soldat. Derrière lui, on entend des tirs nourris.

Ce qui semble avoir mis le feu aux poudres, c'est l'arrestation dans un autre quartier contestataire, à Nyakabiga de plusieurs personnes dont un certain « Aïdid » que la police cherchait depuis le début de la contestation du troisième mandat de Pierre Nkurunziza. Jean-Berchmas Nkurunziza de son vrai nom est membre du parti d'opposition MSD. Pas de confirmation officielle de cette arrestation.

« Ils l'ont attrapé et exécuté directement », assure un ex-manifestant qui présente « Aïdid » comme l'un des organisateurs de la contestation anti-troisième mandat et qui assure que les policiers sont venus arrêter les anciens manifestants sur la base des informations liées à cette interpellation. « C'est un grand criminel », martèle un officiel.

Toujours est-il qu'une grenade a d'abord explosé sur une patrouille de policiers au niveau de la 8e avenue de Mutakura, faisant au moins un policier blessé. Puis une autre en plein milieu de la circulation du quartier voisin et lui aussi contestataire de Cibitoke, faisant deux blessés graves : une jeune femme et un taxi-vélo. « Ce sont les insurgés qui l'ont lancée », dit un officier de police. « Faux ! répondent des habitants, on a vu un policier dégoupiller sa grenade, on pensait juste qu'il voulait nous faire peur ».

Témoignages sur les incidents la nuit du Nouvel An dans le quartier de Mutakura
02-01-2016 - Par Sonia Rolley