Lybie: la conférence de presse de l'émissaire de l’ONU perturbée

Martin Kobler en conférence de presse à l'aéroport de Mitiga, Libye, le 1er janvier 2016.
© REUTERS/Ismail Zitouny

Martin Kobler, le chef de la mission de l'ONU, a rencontré les dirigeants de l'autorité de Tripoli en vue de l'arrivée du gouvernement d'union nationale prévue dans la capitale fin janvier. Aucune avancée majeure n'a été conclue, mais la conférence de presse a servi de théâtre à un incident qui en dit long sur les crispations entre les Nations unies et Tripoli.

Vendredi 1er janvier 2016, Martin Kobler, le chef de la mission de l'ONU, tient une conférence de presse à l'aéroport de Mitiga, Libye. Au moment des questions, Jamal Zoubia, le responsable du bureau des médias du gouvernement de Tripoli, apostrophe le diplomate et les journalistes présents. Il affirme que la conférence de presse est illégale, car elle a lieu sans son autorisation. Dans un ton calme, mais perplexe, Martin Kobler s'excuse, et monte aussitôt dans son avion.

En elle-même la scène est anecdotique. Elle révèle pourtant le fossé qui existe entre les Nations unies et les autorités de Tripoli. Quelques heures auparavant, le président du Congrès avait demandé à Martin Kobler de l'accompagner pour rencontrer des manifestants hostiles au plan de l'ONU avant de tenir une conférence de presse commune. L'émissaire onusien avait préféré se rendre dans un camp de réfugiés de la tribu des Tawergha, hostile au gouvernement de Tripoli. Et donc organiser sa propre conférence de presse.

Suite à l'incident, Jamal Zoubia a été retenu quelques heures par la sécurité avant d'être libéré et continuer sur les réseaux sociaux à critiquer l'attitude de Martin Kobler.