RDC: la crainte de voir un journaliste burundais extradé vers son pays

Des policiers devant les locaux de la Radio publique africaine (RPA), à Bujumbura, le 26 avril 2015.
© REUTERS/Thomas Mukoya

Le Comité de protection des journalistes (CPJ) appelle les autorités de RDC à ne pas extrader le journaliste burundais Egide Mwéméro vers son pays d'origine. Notre confrère, journaliste et technicien de la Radio publique africaine (RPA), est détenu à Kinshasa depuis plusieurs mois, officiellement pour avoir exercé sans accréditation. Depuis, on craint son extradition vers le Burundi.

Le CPJ n'est pas la première organisation de défense des droits des journalistes à lancer un appel en faveur du journaliste depuis 48 heures. Mais pour l'instant, les autorités de République démocratique du Congo n'ont pas reconnu officiellement avoir reçu une demande d'extradition de la part de Bujumbura concernant Egide Mwéméro.

Sue Valentine, coordinatrice du bureau Afrique du Comité de protection des journalistes, explique pourquoi l'extradition du journaliste l'inquièterait : « Nous pensons qu'il ne devrait pas être extradé vers le Burundi, à cause de l'attitude hostile du gouvernement burundais envers les médias indépendants. La Radio publique africaine est fermée depuis plusieurs mois, et nous pensons qu'Egide Mwéméro serait en grand danger s'il était renvoyé au Burundi. »

« Nous demandons aussi sa libération, ajoute Mme Valentine. Nous ne comprenons pas de quoi il est réellement accusé. Nous en appelons donc aux autorités congolaises pour qu'elles le libèrent, mais aussi qu'elles permettent aux journalistes de travailler librement. La RDC n'est pas un environnement libre et ouvert aux journalistes. Nous l'avons vu plusieurs fois pendant l'année 2015 et les journalistes sont constamment sur leurs gardes. »