Afrique du Sud: l'année 2016 s'annonce difficile pour le gouvernement

Des manifestants battent le pavé pour demander le départ du président Jacob Zuma en Afrique du Sud, le 16 décembre 2015.
© RFI/Alexandra Brangeon

Pour plusieurs analystes politiques, notamment Moeletsi Mbeki, de l'Institut Sud-Africain des Affaires Internationales, l'année 2016 risque d'être marquée par de nombreuses manifestations en Afrique du Sud.

Les analystes sont unanimes : 2016 va être une année difficiles pour l'Afrique du Sud et son gouvernement. Pour Moeletsi Mkebi, analyste politique respecté, et frère de l'ancien chef d'état Thabo Mbeki, les manifestations répétées de 2015 vont se poursuivret. Manifestations contre le manque de services publics, contre un gouvernement vu comme inefficace, et surtout contre un chef de l'Etat perçu comme corrompu et égoïste.

En décembre 2015, des milliers de personnes avaient manifesté à travers le pays pour demander la démission du président Zuma. Une première dans le pays.

A cela s'ajoute un contexte économique difficile : le chômage à plus de 25% et une forte augmentation des prix depuis le début de l'année 2015.

Pour Samadoda Fikeni, autre analyste politique, le chef de l'Etat n'a pas tenu ses promesses en matière économique, et le gouvernement risque d'être sanctionné lors des élections locales à venir. «Si l'ANC fait un mauvais score lors de ces élections locales, deux choses : il y aura une forte pression pour se débarrasser du président Zuma, ou alors il deviendra un président potiche et le pouvoir sera déplacé à l'intérieur de l'ANC.»

L'ANC risque en effet de perdre le contrôle d'une ou deux grosses villes du pays notamment la ville portuaire de Port Elizabeth.

Cependant aucun analyste n'envisage un départ volontaire du chef de l'Etat, rattrapé ces derniers mois par des affaires de corruption présumée.