Libye: le groupe jihadiste EI tente de s’emparer d’une zone pétrolière

Trois réservoirs de pétrole étaient en feu, dans un terminal de l'est de la Libye, en décembre 2014.
© REUTERS/Stringer

Comme en Irak et en Syrie, le groupe Etat islamique (EI) tente désormais de faire main basse sur le pétrole en Libye. Dimanche 3 janvier, au matin, le groupe a mené plusieurs attaques contre les principaux terminaux pétroliers d'al-Sedra et de Ras Lanouf, dans le nord du pays, et dont la production est à l'arrêt, depuis plus d'un an. Le groupe jihadiste EI revendique aussi la prise de la ville de Ben Jawad, à 160 km à l'est de son fief de Syrte où les combats se poursuivent encore.

Dans sa propagande, ces derniers mois, le groupe Etat islamique avait promis de s'emparer de la manne pétrolière en Libye. Dimanche matin, l'organisation est donc passée à l'action. Plusieurs dizaines de ses pickups, lourdement armés, partis de son fief de Syrte ont d'abord attaqué par surprise Ben Jawad, verrou stratégique vers le croissant pétrolier libyen.

En fin de matinée, les jihadistes revendiquaient, sur Internet, le contrôle total de cette ville côtière. Ben Jawad, vide depuis des mois de tout habitant, est située à 600 km à l’est de Tripoli, à 130 km à l'est de Syrte et à 30 km de Nofilia, ville tenue par l'EI. Cependant et selon des sources locales, des combats s'y déroulaient encore dimanche soir.

Au même moment, plusieurs attaques kamikazes étaient lancées contre les terminaux pétroliers de Ras Lanouf et d'al-Sedra pour ouvrir la voie aux jihadistes. Selon les autorités de Tobrouk, les jihadistes ne sont pas entrés dans al-Sedra mais dans l'après-midi, des combats intenses ont eu lieu aux abords de la ville. Le dernier bilan fait état de sept morts parmi lesquels quatre combattants de l'organisation EI, deux gardes de la milice qui surveille les installations et un civil.

Bien que les jihadistes aient été repoussés dans les deux localités, les forces locales s'attendent à de nouveaux assauts.

Avant la guerre, ces terminaux pétroliers, à l'arrêt depuis plus d'un an, exportaient près de 80% du brut libyen. Ils sont aujourd'hui sous la garde d'une milice locale autonomiste revendiquant près d'un millier de combattants.

Pour la Libye, c’est une question de vie ou de mort économique.
Philippe Sébille Lopez
05-01-2016 - Par Claire Fages