Niger : le fichier électoral validé par l’OIF

L’OIF a estimé, ce lundi 4 janvier 2015, que le fichier électoral du Niger en vue de la présidentielle du 21 février prochain était « fiable ».
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Au Niger, les experts de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ont remis à la Commission électorale nationale indépendante (Céni) les résultats de l’audit du fichier électoral. Après sept jours de travaux, le fichier a été jugé fiable par les acteurs politiques nigériens. C’est un rapport qui était très attendu au Niger. L’OIF a réalisé cet audit en vue de la présidentielle de février prochain.

C’est devant tous les acteurs politiques de la société civile et des diplomates accrédités au Niger que le représentant de l’OIF a remis officiellement les résultats de l’audit.

Selon le général malien Siaka Sangaré, chef de la mission des experts de l’OIF, le fichier est désormais valable. Il a été « validé, paraphé et signé par tous les acteurs », a affirmé le général Sangaré avant d’ajouter que le fichier peut être valablement accepté sous réserve de prendre en compte « toutes recommandations à effet immédiat ». Il s’agit, entre autres, de l’extraction et de la radiation de 16 000 électeurs mineurs du fichier électoral, de la suppression de 323 bureaux de vote fictifs et de la création d’un identifiant par électeur.

L’expertise du fichier électoral a également mis en évidence la défaillance de l’Etat civil nigérien. A titre d’exemple « seuls 7,2 % des citoyens nigériens ont une carte d’identité », a déclaré le général Sangaré.

En réceptionnant le fichier des mains du représentant de l’OIF, le président de la Céni, Boubé Ibrahim, a affirmé que sa Commission est « satisfaite » de l’audit qui est désormais fiable et accepté de tous.

L’ensemble de la classe politique et de la société civile a également apprécié, notamment les partis de l'opposition, mais à condition de bien nettoyer le fichier, estiment-ils. « Le fichier n’est pas encore stabilisé. Donc pour le stabiliser il faut enlever toute anomalie. Pour qu’il y ait unicité d’électeurs, il faut qu’on enlève tout ce qui est blanc. Pour qu’il y ait unicité, il faut tout électeur ait son identifiant », avance Moussa Arouna, du parti MNSD-Nassara.

Quant à l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Ibn Chambas, il a déclaré être impressionné par le travail abattu par les experts de l’OIF. Selon lui, le Niger a besoin d’un fichier parfait pour que les élections soient crédibles. « Vraiment j’ai été impressionné, c’est très important aussi, a-t-il commenté. Il faut un fichier fiable pour une élection crédible. » Pour un bon suivi des recommandations, un expert de l’OIF est maintenu auprès de la Céni.