Le Nigeria n'a pas besoin d'un prêt du FMI, selon Christine Lagarde

La directrice du FMI Christine Lagarde et le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, le 5 janvier à Abuja.
© REUTERS/IMF Staff Photo/Stephen Jaffe/Handout

La directrice du Fonds monétaire international visite la première économie du continent depuis lundi. Premier exportateur de pétrole d'Afrique, le Nigeria a vu ses revenus diminuer drastiquement depuis l'année dernière puisque les cours de l'or noir ont perdu près de 60% de leur valeur. Mais pas de quoi susciter une demande d'aide auprès du FMI, a déclaré mardi Christine Lagarde.

Le pétrole, c'est près de 15% du Produit intérieur brut (PIB) du Nigeria et les trois quarts de ses recettes budgétaires. Alors forcément, quand les prix de l'or noir piquent du nez, les finances de l'Etat fondent.

Pour faire face à la diminution de ses devises étrangères, le Nigeria a dû dévaluer sa monnaie. Aujourd'hui, le taux d'inflation du pays frôle les 10%.

Une économie de plus en plus diversifiée

Pas de quoi affoler le FMI pour autant. Bien que le Nigeria soit très dépendant de l'or noir, il a su ces dernières années diversifier son économie. Aujourd'hui le secteur des services, dopé par les télécommunications, représente plus de la moitié du PIB du pays. Le Nigeria dénombre 140 millions de lignes mobiles contre 400 000 en 2001. Le secteur bancaire, la création musicale et le cinéma, avec Nollywood, tirent aussi la croissance.

L'industrie se développe également, mais souffre encore de faibles infrastructures du pays. Un secteur dans lequel compte investir le gouvernement qui a décidé cette année une augmentation de 20% des dépenses publiques pour stimuler la croissance.