Coup d’Etat déjoué au Niger: des membres de l’opposition en détention

L'annonce d'un coup d'Etat déjoué au Niger avait été faite par le président Issoufou le 17 décembre 2015.
© REUTERS/Afolabi Sotunde/Files TPX IMAGES OF THE DAY

Au Niger, le bureau du procureur a fait appel de la décision du juge qui a relaxé mardi Ibrahim Hamidou, le secrétaire général adjoint du bureau politique du parti d'opposition MNSD. Il se dit convaincu qu'à travers ses déclarations cet ancien journaliste a sapé le moral de l'armée. Ibrahim Hamidou avait été arrêté le 19 décembre pour avoir mis en doute dans un débat télévisé l'existence d'un complot contre l'Etat révélé par les autorités deux jours plus tôt. Dans ce même dossier, neuf militaires, trois officiers supérieurs des douanes et plusieurs civils restent toujours gardés à vue.

Les civils arrêtés à Noël sont toujours détenus à la DGSE, selon leurs proches. On trouve parmi eux l'ancien maire de Niamey, Oumarou Dogari, et l'ex-ministre Issoufou Issaka, deux membres du parti de l'ancien président de l'Assemblée nationale Hama Amadou, Moden Fa Lumana.

L’ancien président de l’Assemblée nationale nigérienne et opposant est lui emprisonné dans le cadre d’une affaire présumée de trafic de bébés. Mais depuis l’affaire du putsch déjoué, les autorités mettent la pression sur ses proches, alors que les élections sont fixées au 21 février.

Ces hommes dont la garde à vue a dépassé dix jours ont le droit désormais de voir leur famille quelques minutes régulièrement, mais ils n'ont pas pu avoir accès à leurs avocats qui ont fait constaté l'empêche par huissier. Ceux-ci ne savent donc pas encore ce qu'on leur reproche précisément ni sous quel régime de garde à vue ils se trouvent.

L'ombre du coup d'Etat déjoué

Ce qu'on sait, c'est qu'ils ont déjà été interrogés. Selon leurs proches, on leur a demandé quel était leur rapport avec le général Salou Souleymane qui fait partie des neuf militaires arrêtés mi-décembre pour tentative de coup d'Etat. On les a aussi questionnés sur leur relation avec Hama Amadou et sur l'engagement au sein de son parti.

Un interrogatoire politique, mais aussi en lien donc avec l'affaire du coup d'Etat déjoué. Un dossier confié à la justice militaire et sur lequel peu d'informations ont filtré pour l'instant. Le 17 décembre dernier, le président nigérien Mahamadou Issoufou avait affirmé qu'une tentative de coup d'Etat avait été déjouée.