Plusieurs pays africains tournent le dos à l’Iran

Des soldats somaliens patrouillent devant le Palais présidentiel (villa Somalia) à Mogadiscio, le 9 juillet 2014.
© REUTERS/Feisal Omar

C'est l'effet domino, une réaction en chaîne après la rupture des relations diplomatiques entre Riyad et Téhéran suite à l'exécution en Arabie saoudite d'un important chef religieux chiite, et à la violente réponse de la rue iranienne.  Plusieurs pays africains ont annoncé l'expulsion des diplomates iraniens de leur territoire. Et, parfois même, leur ralliement à la coalition militaire saoudienne qui mène la guerre au Yémen contre les rebelles houthis, soutenus par l'Iran.

Ce mardi matin, c'est la Somalie qui a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec l'Iran, et l'expulsion de tous les diplomates iraniens de Mogadiscio, et ce malgré une coopération grandissante entre les deux pays. Lundi, c'était un ancien allié historique de l'Iran en Afrique, le Soudan, qui annonçait la fermeture de l'ambassade iranienne à Khartoum. Mais c'était aussi la petite République de Djibouti, sur laquelle l'Iran avait des vues, notamment en raison de sa position stratégique, à la croisée des chemins de l'océan Indien et de la mer Rouge.

Le mois dernier, déjà, l'Erythrée, après plusieurs mois d'ambiguïté, annonçait officiellement son ralliement à la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite, en guerre contre les rebelles chiites du Yémen, soutenus par l'Iran. Les Saoudiens font donc le compte de leurs alliés sur le continent africain.

Les pays africains face à un choix

A qui le tour maintenant ? La répression violente, le mois dernier, d'un mouvement chiite au Nigeria, pourrait, par exemple, faire tomber le géant pétrolier dans l'escarcelle du royaume saoudien.

Du point de vue commercial, les relations entre l'Iran et les pays africains, qui ont rompu avec lui, étaient encore négligeables. Et financièrement, il est probable que l'Arabie saoudite saura compenser les manques que la rupture avec l'Iran pourrait entraîner. C'étaient essentiellement des amitiés politiques qui étaient nouées ces dernières années par l'Iran en Afrique, précisément avec l'objectif de contrer petit à petit l'influence saoudienne sur le continent.

Et c'est sans doute cela le calcul saoudien : isoler politiquement l'Iran, et mettre les pays africains face à un choix, en disant comme les Etats-Unis en 2001, « Vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous ».