L'Iran demande au Nigeria de libérer le chef religieux Zakzaky

Des Pakistanais demandent la libération du leader chiite Ibrahim Zakzaky lors d'une maifestation à Lahore, le 18 décembre 2015.
© AFP PHOTO / Arif AL

L’Iran accentue la pression sur le Nigeria pour la libération du chef religieux chiite Ibrahim Zakzaky, emprisonné depuis trois semaines. Une démarche qui survient après l’exécution par l’Arabie saoudite du dignitaire chiite Nimr al-Nimr. Au Nigeria, le ton monte. C’est la seconde intervention de l’Iran en moins d’un mois.

Au lendemain de l’arrestation d’Ibrahim Zakzaky, le 14 décembre, l’Iran avait officiellement protesté. Cette fois-ci, le ministère iranien des Affaires étrangères lance un second avertissement au Nigeria en lui conseillant d’agir avec sagesse, compte tenu du caractère « sensible » de la situation.

Selon son porte-parole Hoseyn Jaberi-Ansari, cité par la BBC, « tous les canaux diplomatiques ont été utilisés » pour exiger la libération du chef religieux.

Accusé de meurtre par des militaires

Le groupe que ce dernier dirige, le Mouvement islamique du Nigeria, se félicite de ce soutien, indique le porte-parole Ibrahim Musa. « Nous apprécions cet appui et nous en sommes très satisfaits. Nous l’attendions. Parce que l’Iran est reconnu pour son soutien aux gens oppressés globalement. Nous espérons que le président nigérian Muhammadu Buhari entende ce que l’Iran a à lui dire sur la répression contre le Mouvement islamique du Nigeria. »

L’état de santé d’Ibrahim Zackzaky serait précaire. Le leader chiite a été appréhendé à Zaria mi-décembre après deux jours d’affrontements avec des militaires qui l’ont accusé d’avoir tenté de tuer le chef de l’armée nigériane, ce que dément le Mouvement islamique. Selon Human Rights Watch, les heurts auraient fait environ 300 victimes chiites.