Nigeria: un chef de l'opposition inculpé pour corruption

Bello Haliru Mohammed félicite Goodluck Jonathan après la confirmation de sa victoire à l'élection présidentielle, le 18 avril 2011.
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Au Nigeria, les ténors de l’opposition sont plus que jamais dans le collimateur de la justice. Bello Haliru Mohammed, le chef par intérim du PDP et ancien ministre de la Défense, a été interpellé et inculpé avec son fils mardi pour corruption, abus de confiance et blanchiment d'argent par la Haute-cour fédérale d'Abuja. A l’aube ce matin, c’était au tour du porte-parole du parti d’être interpellé, lui aussi dans une même affaire de détournements de fonds prévus pour l’achat d’armes durant le mandat de l’ex-président Goodluck Jonathan. Le nouveau président Muhammadu Buhari a promis de placer son mandat sous le signe de la lutte contre la corruption et l’insécurité.

L'ancien ministre Bello Haliru Mohammed et son fils sont soupçonnés d’avoir reçu 1,4 millions d'euros du bureau de l’ex-conseiller à la Sécurité nationale Sambo Dasuki. Dasuki, le principal accusé dans une affaire de détournement de fonds prévus pour l’achat d’armes, est lui aussi un poids lourd du PDP.

Bello Haliru Mohammed a été le directeur de campagne du président sortant Goodluck Jonathan, qui espérait être réélu en mars. Une partie de l’argent détourné aurait servi à financer la campagne de Jonathan. Bello Haliru Mohammed a demandé à bénéficier d’une remise en liberté provisoire, pour raisons de santé. Il a été transféré au tribunal en ambulance mardi, et a comparu en chaise roulante à l’audience. Il sera fixé sur son sort jeudi.

Par ailleurs, une délégation de la commission anti-corruption, l’EFCC, a interpellé à l’aube ce mercredi matin, le porte-parole du PDP dans sa résidence d’Abuja. Il est soupçonné d’avoir lui aussi profité de ces fonds destinés à l’achat d’armes. Olisa Metuh avait accusé Muhammadu Buhari de se comporter en tyran non repenti après son interview télévisée du 31 décembre.

Des membres du PDP ont protesté contre cette vague d’arrestations aujourd’hui dans les rues de la capitale. Ils accusent Buhari de chercher à réduire l’opposition au silence et de vouloir introduire un régime à parti unique au Nigeria.